Je me suis baigné avec les Dieux maoris

Date de mise à jour : 23 mars 2013

Lundi, le 18 février 21:15

Depuis quelques jours, je fais des sauts de puce. Après le camping de Okarito, jeudi et vendredi, un saut au backpacker de Fox Glacier samedi. Un autre saut au backpacker du village de Haast dimanche soir. Puis, ce soir je suis rendu au backpacker de Wanaka, soient, 260 kilomètres plus loin que mon camping de Okarito.

Donc, dimanche matin, en partant du backpacker de Fox Glacier, je me suis rendu au glacier du même nom. Pour celui-là, le soleil était au rendez-vous. Le glacier est seulement à 4 kilomètres du village en voiture et du stationnement, une marche d’une heure, environ 3 kilomètres, suffit pour se rendre à sa base. Comme il était tôt, il n’y avait pas beaucoup de monde lorsque je suis arrivé tout près du glacier. Dans ce cas-ci, on s’approche beaucoup plus de sa langue. Plus on regarde le glacier au loin, plus la neige et la glace nous paraissent blanche avec des reflets bleutés. Ce n’est pas le cas à sa base. Les papilles gustatives tout le long des crevasses du glacier au bout de sa langue sont remplies de dépôts noirs drainés durant sa lente descente. Le spectacle est quand même beau à voir. À presque tous les 10 minutes, on entend des morceaux tomber du glacier. En regardant la vallée parcourue pour me rendre près du glacier, avec les grandes falaises droites d’un bord, les montagnes vertes de l’autre côté, la rivière qui déferle au centre, on imagine difficilement qu’en 1750 le glacier recouvrait tout ça et que ma voiture dans le stationnement serait aplatie sous le poids d’une épaisse langue de glace.

À mon retour vers le stationnement, la visite du dimanche arrivait en grand nombre. Mon retour à la voiture fut ralenti par une hanche qui recommençait à se manifester. Une fois à la voiture, j’ai poursuivi ma route en direction de Haast sans penser que ce serait ma destination de la journée.

Dès que j’ai quitté le glacier, le ciel est redevenu couvert de nuages sombres. Comme si ma visite du glacier terminée, il n’y avait plus de raison de continuer à faire beau. Haast est à 120 kilomètres de Fox Glacier. Une éternité à franchir. Une route étroite, bordée de chaque côté d’une forêt pluviale très dense, comme un long corridor, sans possibilité de s’arrêter sur un accotement presque inexistant et dangereux. On file dans ce corridor à 100 km/h, ralenti par les ponts à une voie. L’un d’eux est tellement long qu’on ne peut voir si des autos viennent dans l’autre sens. Comme j’avais la priorité et que je ne voyais pas de voiture, je m’y suis engagé. Après quelques minutes sur le pont, j’ai vue une voiture au loin arrivant dans l’autre sens. Puis elle a disparue. À deux endroits sur ce pont, il y a un renflement qui permet à une voiture de se tasser et de laisser passer celle qui a priorité. Dans la région où je suis, il n’y a pas beaucoup de voitures sur les routes. Le principe de ce pont fonctionne bien dans ce cas. Mais, je ne sais pas ce qui se serait passé si 4 voitures étaient arrivées en même temps, 2 dans un sens et 2 dans l’autre.

À mi-chemin, j’ai tout de même réussi à m’arrêter dans un endroit sécuritaire. Il était temps. Après 15-20 minutes de repos, je suis reparti. Juste un peu avant d’arriver à Haast, 2 attraits rapprochés se sont présentés sur la route. Knights Point et Ship Creek. Le premier, une plage magnifique bordée de dunes et de rochers verdâtres. Le deuxième, des falaises et des pics rocheux sortant de l’eau. Une paysage d’une grande beauté. Puis, Haast est arrivé à quelques kilomètres plus loin. Je n’en pouvais plus, je me suis arrêté là.

Aujourd’hui, je visais Queenstown à 210 kilomètres de Haast. Mais j’ai réussi à me rendre à Wanaka, 140 kilomètres plus loin. Pourquoi? Parce que les Dieux Maoris m’ont ravis.

En quittant Haast, des gros nuages noirs au dessus de ma tête qui cachaient le sommet des montagnes. Puis, une dizaine de minutes après mon départ, un trou dans les nuages me fait entrevoir un pic rocheux plein de neige. Encore dix minutes plus tard, c’est comme si je changeais de décors autour de moi. Il n’y a plus de nuages. Les montagnes dévoilent leur sommet. Les beautés naturelles commencent à se succéder les unes après les autres. D’abord, Thander Creek Falls, une chute de 28 mètres qui se jette dans la rivière Haast. La chute, la rivière et le paysage tout autour est splendide. Puis, arrive Blue Pools. Une rivière d’eau bleu cristalline provenant d’un petit canyon et formant des bassins d’eau d’une limpidité presque irréelle. À chacun de ses endroits, j’y reste plus d’une demi-heure. La route se poursuit, les montagnes tout autour ne cessent de m’émerveiller. Puis, après une courbe, le lac Wanaka. Ici, je ne cesse d’arrêter.

Selon les Maoris la Nouvelle-Zélande a été créée par leurs Dieux. À mon avis, ces Dieux maoris connaissaient la beauté. Ils savaient façonner la terre pour lui donner des formes grandioses. D’un côté du lac Wanaka tout en longueur, de grandes montagnes au pic pointu, agencées de façon à ce que chacune soit à sa place sans se nuire. De l’autre côté, des collines rondes mais hautes ondulant le paysage. Ces Dieux maoris savaient aussi mélanger les couleurs sur leur palette et les agencer harmonieusement sur les formes qu’ils avaient modelées à cet endroit. Des verts foncés provenant des forêts pluviales pour peindre les bosquets d’arbres ici et là sur les flans des montagnes ou sur les collines avoisinantes. Des verts plus pâles pour les petits bosquets autour du lac. Des petites taches rouges, jaunes ou orangées pour les fleurs de certains de ces bosquets. Des jaunes dorés ou tendres pour l’herbe remplissant les zones sans arbres. Différents tons d’ocre pour faire ressortir les zones de terre ou de roches dénudées des montagnes. Du bleu et du gris sur les pics rocheux avec un peu de taches de blanc pour dire qu’en Nouvelle-Zélande, il y a l’hiver aussi. Mais pour dire aussi qu’il fait chaud en Nouvelle-Zélande, ces Dieux ont placé des palmiers à plusieurs endroits dans ce paysage. Pas trop, juste assez pour ajouter de la beauté à tout ça.

Après cette vision, je poursuis ma route mais, comme si les Dieux avaient voulu montrer qu’on peut jouer avec les mêmes éléments pour créer plusieurs paysages, le lac Hawea m’apparaît comme une deuxième vision. Les montagnes qui étaient à droite pour le lac Wanaka sont maintenant à gauche pour le lac Hawea et les collines ont elles aussi été inversées. Toutes les formes et couleurs du lac Wanaka se retrouvent presque toutes à l’identique autour du lac Hawea

Pour ces 2 lacs, je ne vous ai pas parlé de l’eau. C’est qu’une fois les toiles de ces 2 paysages terminées, les Dieux maoris ont remplis d’eau cristalline les 2 lacs. Puis, chacun des Dieux qui ont façonné ces paysages s’est étendu dans ces eaux pour y rester à jamais. L’eau cristalline s’est mise alors à frissonner légèrement et à bleuir tout en restant limpide. Depuis ce temps, comme dans un miroir, les montagnes à l’extérieur de chacun de ces lacs, se sont mises à se regarder dans cette eau bleutée.

Avec tous ces arrêts, je suis arrivé au bout du lac Hawea dans le village du même nom. Il était passé 16:00. Je devais oublier Queenstown pour aujourd’hui. J’ai marché sur le bord du lac. Il faisait très chaud, 30oC. J’ai voulu m’installer ici, mais aucun backpacker dans ce petit village. Wanaka, au bout de l’autre lac, était à 15 kilomètres plus loin. Beaucoup plus gros comme village. Le backpacker n’a pas été long à trouver.

Une fois installé au backpacker, je suis retourné au bout du lac Hawea et pendant plus de 2 heures, jusqu’à 20:00 en soirée, je me suis allongé sur la plage et baigné avec les Dieux maoris.

© Klode P. (www.klodep.ca)

Photos du jour
photo no 1Dimanche, le 17 février 2013
Fox Glacier et en direction de Haast
photo no 1Lundi, le 18 février 2013
Sur la route des lacs Wanaka et Hawea

6 réflexions sur « Je me suis baigné avec les Dieux maoris »

  1. Merci Raymond je suis allée voir sur google street!
    Wow! C’est magnifique! J’ai fait une partie de la route, mais je ne t’ai pas vu papa! Tu étais où? hihi!
    Passe une belle journée papa!
    xxx

  2. Ça l’a l’aire d’être des vues magnifiques! C’est si bien décrit! Profite de ces paysages pour te relaxer et reposer ta hanche bien comme il faut. Et bien sur prend nous des photos! J’ai hâte de voir tout ça!

    Je t’aime fort!
    xxx

    Ps : J’ai manqué ton appel skype 🙁 Je m’en suis rendu compte hier matin. Tu apparaîssais encore connecté mais c’était un bog de skype…

  3. Tu sais que sur GoogleMap (en mode GoogleStreet) on peut « voir » ce que tu vois. Ça permet de rêver et de mieux suivre ton voyage. Quel bleu en effet !

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