Le Dalaï Lama et le Lapin

Date de mise à jour : 24 mars 2013

Mardi, le 26 février 20:30

Les coïncidences sont parfois étonnantes. Tantôt, comme réponse à un commentaire de Guillaume, je lui disais que dans une journée on peut croiser beaucoup de personnes, mais qu’une seule peut suffire à faire notre journée et à ce moment, on peut dire que notre journée n’a pas été vaine.

Aujourd’hui, j’avais le syndrome de la page blanche. Que dire après une journée où je me suis levé à 6:45 et que j’ai terminé de ranger mes affaires, pris un déjeuner rapide, enfilé mon vélo pour être à 7:30 au quai d’embarquement pour un départ vers Bluff prévu à 8:00, récupéré ma voiture à Bluff, visité rapidement quelques points intéressants annoncés sur la route, eu de la difficulté à me trouver un endroit pour manger lorsque j’avais très faim, essayer de trouver une pompe à essence et finalement, dû m’arrêter à Milton, avant Dunedin, après un peu plus de 200 kilomètres, car trop fatigué pour faire les 50 kilomètres qu’il me restait à faire.

Vers 17:00, tout ce que j’espérais, c’est de trouver à Milton un backpacker pour la nuit.

En même temps que je passais devant, j’ai vu la flèche sur un poteau indiquant backpacker par là, comme si elle me parlait. Milton n’étant pas une ville où tout le monde se pointe pour y faire le tour, on se retrouve donc à 2 ou 3 dans une ancienne église méthodiste que le propriétaire a acheté il y a 16 ans et qu’il a transformé en backpacker.

Une fois le tour des lieux fait avec le propriétaire, lui retourne vaquer à ses occupations, moi, après avoir rangé mes choses près de mon lit, je vais dans la salle commune attenante à la cuisine. Il est en train de faire de la confiture avec les petits fruits provenant de l’arbre de la cour arrière. Du Beethoven joue. Je regarde le décor de la salle commune. Sur les murs, des affiches du Tibet, des textes du Dalaï Lama. Au sol, un tas de vinyles aux pochettes défraîchies accotés sur une bibliothèque pleine de livres. Je commence à fouiner dans la pile de vinyles. Du Supertram, du Pink Floyd, Steppendwolf, Fleetwood Mac, Simon and Garfunkel, Eric Clapton… Présentement, j’écoute Deep Purple in Rock. En fouinant dans la bibliothèque, je tombe sur le livre de Jack Kerouack, In the road.

Absorbé à réduire ses petits fruits en confiture, je m’approche de lui, le livre de Kerouac en main, et lui demande si ce livre et les vinyles par terre sont bien à lui. (en voulant dire : font parti de ton univers). Il comprend bien le sens de ma question et je lui dis que moi aussi j’ai baigné dans cet univers.

La discussion est bien partie. La musique des années 70 devient le sujet principal mais à travers tout ça, il m’explique qui il est. Antoine est d’origine suisse-allemande, parle un peu français, habite la Nouvelle-Zélande depuis plus de 20 ans et a acheté cette église méthodiste il y a 16 ans, à déjà été à Dharamsala, au nord de l’Inde, la terre d’accueil du Dalaï Lama dont il est un fan, adepte du thé indien et chinois qu’il exporte lui-même de là-bas, semble aussi s’intéresser à l’horoscope chinois car il m’a dit que mon signe chinois était le lapin.

Comme je le disais au début, parfois, une seule personne dans une journée suffit à remplir cette journée. Ce fut le cas pour moi aujourd’hui. Pendant que j’écris, il est parti avec un autre chambreur à la recherche d’une belge partie en randonnée un peu trop tard. La noirceur est arrivée mais elle n’est pas encore revenue de son excursion. Pour poursuivre dans la même veine, voici ma traduction d’un texte du Dalï Lama accroché au mur de la salle commune:


Le Paradoxe de notre Ère
Nous avons de plus grosses maisons, mais des familles plus petites.
Plus de commodités, mais moins de temps.
Plus de diplômes, mais moins de sens.
Plus de connaissances, mais moins de jugements.
Plus d’experts, mais plus de problèmes.
Plus de médicaments, mais moins de santé.
Nous avons fait d’un trait un aller-retour vers la lune
mais nous avons de la difficulté à traverser la rue
pour rencontrer nos nouveaux voisins.
Nous construisons plus d’ordinateurs
pour conserver plus d’information,
pour produire plus de copies comme jamais auparavant,
mais nous communiquons de moins en moins.
Nous sommes devenus puissant en quantité,
mais faible en qualité.
On est à l’ère du fast food
mais nous digérons lentement.
Grands hommes, mais au caractère faible.
Profits élevés, mais relations d’affaires peu profondes.
C’est le temps où il y a beaucoup à regarder par la fenêtre,
mais avec rien dans la chambre.

Aujourd’hui, juste avant de partir de l’île Steward, sur le bateau, quelques gouttes de pluie nous sont tombées sur la tête.

© Klode P. (www.klodep.ca)

Photos du jour
photo no 1Dimanche, le 24 février 2013
Excursion à vélo sur l’Île Stewart (1 de 2)
photo no 1Lundi, le 25 février 2013
Excursion à vélo sur l’Île Stewart (2 de 2)
photo no 1Mardi, le 26 février 2013
Sur le trajet Bluff – Milton

2 réflexions sur « Le Dalaï Lama et le Lapin »

  1. Merci de partager ce texte, Dalaï-Klode. Le lapin a d’ailleurs d’excellentes oreilles pour bien percevoir, même les yeux fermés, ce qui l’entoure 😉 Profites-en !

    Mon voisin de bureau a trouvé ce lien, pour ton retour à Auckland : http://www.bbc.com/travel/feature/20130221-the-changing-face-of-aucklands-markets et la BBC recommande aussi cette lecture de Lonely Planet avec 5 suggestions de courts circuits alternatifs en Nouvelle-Zélande : http://www.lonelyplanet.com/new-zealand/travel-tips-and-articles/77613 .

    • Salut Raymond,
      Tu peux dire à ton copain de bureau que sur les 5 suggestions de Lonely Planet j’en ai déjà 3 dans mon sac à dos.
      Aujourd’hui, je suis à Dunedin.
      Le fait de retourner vers le Nord me donne l’impression que mon voyage tire à sa fin.
      J’essais de chasser cette drôle impression de ma tête. Il me reste tout de même 17 bonnes journées à bourlinguer ici.
      Bye.

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