{"id":1648,"date":"2013-02-13T04:09:20","date_gmt":"2013-02-13T09:09:20","guid":{"rendered":"http:\/\/klodep.ca\/NZ2013.php\/?p=1648"},"modified":"2013-07-07T15:06:56","modified_gmt":"2013-07-07T19:06:56","slug":"jai-oublie-mes-petits-cailloux-blancs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/?p=1648","title":{"rendered":"J&rsquo;ai oubli\u00e9 mes petits cailloux blancs"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right\"><strong>Date de mise \u00e0 jour : 23 mars 2013<\/strong><\/p>\n<h2>Mardi, le 12 f\u00e9vrier 2103 : 20:15<\/h2>\n<p>&#8230;Suite<\/p>\n<p>J&rsquo;ai quitt\u00e9 ce matin Arthur&rsquo;s Pass pour me rendre \u00e0 Hokitika pr\u00eat de la mer sur la c\u00f4te Ouest. En passant devant le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 la belle chute que m&rsquo;a montr\u00e9e l&rsquo;autre soir la ta\u00efwanaise, j&rsquo;ai continu\u00e9 mon chemin car je ne pouvais faire le chemin \u00e0 pied mes jambes \u00e9tant trop endolories de ma randonn\u00e9e en montagne. <\/p>\n<p>Donc, pour reprendre mon r\u00e9cit d&rsquo;hier, on est le 10 f\u00e9vrier au soir, je m&rsquo;\u00e9tais couch\u00e9 avant la noirceur et assoupi rapidement. Deux heures plus tard, j&rsquo;ai ouvert les yeux pour je ne sais quelle raison. Il faisait noir. Le ciel au plafond de ma chambre \u00e9tait \u00e9toil\u00e9. Je me suis install\u00e9 avec mon ordinateur et ma lampe frontale, assis sur mon pneumatique et les 2 jambes dans mon sac de couchage, pour \u00e9crire dans mon journal toute ma journ\u00e9e.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais en \u00e9crivant, je me suis mis \u00e0 voir de  minces filets de ouate passer devant mon \u00e9cran. J&rsquo;ai lev\u00e9 la t\u00eate et les \u00e9toiles commen\u00e7aient \u00e0 s&rsquo;estomper \u00e0 mes yeux. Ce que je craignais avant de me coucher commen\u00e7ait \u00e0 m&rsquo;atteindre. Les nuages de ouate des vall\u00e9es lointaines venaient d&rsquo;arriver \u00e0  hauteur de mon talus. Une pellicule d&rsquo;eau s&rsquo;est agglutin\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9cran de mon ordinateur.  Pour cette raison, j&rsquo;ai  rang\u00e9 l&rsquo;ordinateur et je me suis recouch\u00e9 au sec \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de mon sac de couchage avant d\u2019\u00eatre tremp\u00e9 par cette brume. Les \u00e9toiles au-dessus de ma t\u00eate apparaissaient et disparaissaient sous les filets de nuages qui passaient au-dessus de moi. Je me suis rendormi en regardant les \u00e9toiles appara\u00eetre et dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Puis, durant la nuit, un coup \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule me fait sursauter et me r\u00e9veille. C&rsquo;est un bonne bourrasque de vent qui m&rsquo;a secou\u00e9. Comme si elle voulait me dire\u00a0: <em>R\u00e9veille-toi, tu manques un magnifique spectacle<\/em>. En effet, le ciel est compl\u00e8tement d\u00e9gag\u00e9 et des milliers d&rsquo;\u00e9toiles scintillent dans le ciel. Je distingue facilement la plan\u00e8te Mars, rouge, et de chaque c\u00f4t\u00e9, probablement Jupiter et Saturne. La voie lact\u00e9e, elle porte bien son nom, est aussi facilement visible. On comprend pourquoi \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la non lumi\u00e8re \u00e9lectrique, des gens ont pu autant s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;astronomie. Puis, je me rends alors compte qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de brume, que je ne suis pas tremp\u00e9 et que je n&rsquo;ai pas froid et je me rendors, encore fatigu\u00e9 de ma journ\u00e9e. La m\u00eame bourrasque est venue me r\u00e9veiller \u00e0 nouveau aux petites lueurs du matin. Encore aussi pour me dire de regarder devant moi ce qui se passait. Le soleil \u00e9tait en train de se lever en coloriant le ciel au-dessus des montagnes derri\u00e8res lesquelles il se cachait encore. Le ciel \u00e9tait ros\u00e9 et le glacier \u00e0 ma gauche tirait aussi sur le rose. J&rsquo;ai pris quelques photos en restant couch\u00e9 dans mon sac de couchage et en me servant de mon petit po\u00eale comme tr\u00e9pied pour mon appareille photos. Puis, une fois les photos prises, je me suis rendormis.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 sentir le froid vers 7:30 du matin. Les rayons du soleil n&rsquo;avaient pas encore atteint mon lit. Par contre, \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0, l&rsquo;herbe \u00e9tait au soleil. Je me suis lev\u00e9 et dirig\u00e9 \u00e0 cet endroit pour me r\u00e9chauffer. Dix minutes plus tard, mon sac de couchage \u00e9tait au soleil. J&rsquo;ai ramass\u00e9 mes choses, pris une gorg\u00e9e d&rsquo;eau et la derni\u00e8re pomme qu&rsquo;il me restait. \u00c0 8:15, je reprenais la route en direction de <em>Crow Hutt<\/em> \u00e9tant assur\u00e9 que la route serait moins difficile et de revenir au village de Athur&rsquo;s Pass plus rapidement qu&rsquo;en faisant demi-tour. Mon sac \u00e0 dos ne me semblait pas du tout moins lourd que la veille. En plus, la veille, apr\u00e8s le sommet du mont Avalanche, j&rsquo;ai bris\u00e9 une attache qui retient les deux sangles du sac \u00e0 dos pr\u00e8s des \u00e9paules et emp\u00eachent celles-ci de glisser des \u00e9paules. J&rsquo;ai eu beau essayer de me fabriquer une attache de remplacement mais rien n&rsquo;a fonctionn\u00e9.<\/p>\n<p>Le sac \u00e0 dos en place, j&rsquo;ai avanc\u00e9 pendant une bonne heure dans la bonne direction. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 un grand cairn qui devait marquer l&rsquo;endroit o\u00f9 descendre dans la vall\u00e9e. Les indications sur ma feuille semblaient correspondre \u00e0 ce point mais un doute persistait. J\u2019h\u00e9sitais \u00e0 descendre tout ce d\u00e9nivel\u00e9 de plus de 1000 m\u00e8tres et de me retrouver une fois en bas, dans l&rsquo;obligation de revenir sur mes pas. J&rsquo;ai ressorti ma carte topographique pour valider le terrain. Mais peine perdue. Puis, j&rsquo;ai continu\u00e9 plus loin pour voir s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas un autre endroit pour descendre o\u00f9 mes h\u00e9sitations s&rsquo;estomperaient. Encore l\u00e0, peine perdue. De retour au grand cairn, j&rsquo;ai essay\u00e9 de voir si des traces d&rsquo;un sentier \u00e9taient visibles en bas. C&rsquo;\u00e9tait comme si personne n&rsquo;y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 all\u00e9. De plus, de mon point de vue, je ne pouvais m\u00eame pas voir vers o\u00f9 je me dirigerais une fois rendu en bas.<\/p>\n<p>Donc, soit je descends, je suis chanceux et je trouve mon chemin jusqu&rsquo;au g\u00eete ou, je descends et la malchance me tombe sur le dos et je dois passer une autre nuit en montagne en m&rsquo;\u00e9cartant rendu en bas, ou je reviens carr\u00e9ment sur mon chemin et retourne \u00e0 Arthur&rsquo;s Pass par le m\u00eame sentier d&rsquo;o\u00f9 je suis venu. C&rsquo;est la derni\u00e8re alternative qui me semble la moins risqu\u00e9e mais qui m&rsquo;appara\u00eet la plus difficile \u00e9tant donn\u00e9 que je sais tout ce que j&rsquo;ai \u00e0 parcourir.<\/p>\n<p>Je rebrousse donc chemin. Mon premier objectif \u00e9tant de retourner au talus o\u00f9 j&rsquo;ai dormi. Mais voil\u00e0, en montagne ou en for\u00eat, sur un  chemin non balis\u00e9, on doit laisser des petits cailloux blancs derri\u00e8re soit. C&rsquo;est-\u00e0-dire, m\u00e9moriser des choses sur son chemin\u00a0: une grosse roche pas comme les autres, un petit lac ici, une flaque de neige l\u00e0, un arbre bizarre. J&rsquo;ai oubli\u00e9 de mettre des petits cailloux blancs derri\u00e8re moi. En rebroussant chemin, je me suis rendu compte qu&rsquo;\u00e0 certains endroits je ne reconnaissais pas les lieux.<\/p>\n<p>\u00c0 un endroit, j&rsquo;avais le choix entre monter la pente par la gauche ou par la droite. Mon instinct me disait d&rsquo;y aller vers la droite. Apr\u00e8s 10 \u00e0 15 minutes de mont\u00e9e, je me suis enlis\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais pris dans une pente de gravier qui d\u00e9boulait \u00e0 chacun de mes pas. Des roches que je ne pouvais m\u00eame pas soulever glissais sous mon passage. J&rsquo;\u00e9tais en train de provoquer une avalanche de roches et je risquais de partir avec. J&rsquo;en ai eu pour un bon 5 \u00e0 10 minutes avant de me sortir de l\u00e0. J&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 revenir au bas de la pente et l\u00e0 j&rsquo;ai enfil\u00e9 par la gauche.<\/p>\n<p>Au bout d&rsquo;un certain temps \u00e0 avancer sur un sentier, je ne comprenais plus o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais rendu. Je ne reconnaissais rien devant moi. Pourtant, mon talus ne devait pas \u00eatre bien loin. J&rsquo;ai pens\u00e9 au moment de panique que j&rsquo;avais eu en for\u00eat lorsque j&rsquo;avais 11 ou 12 ans. Je m&rsquo;\u00e9tais mis \u00e0 courir de tout bords tout c\u00f4t\u00e9s parce que je m&rsquo;\u00e9tais \u00e9cart\u00e9. Je tournais litt\u00e9ralement en rond dans la for\u00eat. Apr\u00e8s un certains temps de panique, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, je me suis assis et me suis calm\u00e9. 5 ou 10 minutes de calme plus tard, je sortais de la for\u00eat comme si j&rsquo;avais toujours pass\u00e9 par ce chemin. Avant de paniquer, j&rsquo;ai essay\u00e9 de comprendre o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais rendu. Je me suis retourn\u00e9 pour examiner le d\u00e9cor derri\u00e8re moi et l\u00e0, tout c&rsquo;est \u00e9clairci. J&rsquo;ai regard\u00e9 \u00e0 mes pieds et j&rsquo;avais les deux pieds exactement \u00e0 l&#8217;emplacement o\u00f9 j&rsquo;avais dormi. Tous les murs de ma chambre de la veille ont repris leur place. J&rsquo;ai regard\u00e9 ma montre, il \u00e9tait 10:08. Merde. En haut, mes 2 anges gardiens \u00e9taient toujours l\u00e0. Un petite tache rouge bougeait tout pr\u00e8s d&rsquo;eux.<\/p>\n<p>Ma prochaine \u00e9tape, c&rsquo;\u00e9tait le sommet du  mont Avalanche. De l\u00e0, le chemin \u00e9tait balis\u00e9 jusqu&rsquo;en bas. Mais d\u00e9j\u00e0, j&rsquo;\u00e9tais \u00e9puis\u00e9 par le poids de mon sac et j&rsquo;avais faim et surtout soif. Le chemin vers le sommet a n\u00e9cessit\u00e9 quelques v\u00e9rifications sur ma carte topographique. Mais, apr\u00e8s un peu plus d&rsquo;une heure de marche, dont une bonne partie dans une pente de gravier, j&rsquo;ai atteint la mince cr\u00eate qui menait au sommet. Une main accroch\u00e9e \u00e0 la paroi, mes deux pieds sur le mince sentier, le pr\u00e9cipice de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, un b\u00e2ton dans l&rsquo;autre main pour me soutenir, j&rsquo;avais environ 10 \u00e0 15 m\u00e8tres \u00e0 faire ainsi. Au milieu du trajet, un cri strident se fait entendre \u00e0 mon oreille du c\u00f4t\u00e9 de la paroi. En levant la t\u00eate, \u00e0 port\u00e9e de ma main, un Nestor K\u00e9a est juch\u00e9 sur la paroi qui me retient. Le Nestor K\u00e9a, est  un oiseau de montagne qu&rsquo;on ne retrouve qu&rsquo;en Nouvelle-Z\u00e9lande. On dit qu&rsquo;il est plus pr\u00e8s du perroquet que du rapace comme l&rsquo;aigle ou le vautour.  Celui que j&rsquo;ai devant moi et que je pourrais toucher en allongeant ma main est magnifique. Plumage vert olive, bec tr\u00e8s cornu, cercle jaune autour des pupilles. En regardant juste un peu plus loin, j&rsquo;en vois 5 ou 6 qui sautent d&rsquo;une roche \u00e0 l&rsquo;autre. J&rsquo;en vois un s&rsquo;envoler. En vol, on voit un peu de bleu sur le dessus des ailes mais le dessous des ailes est d&rsquo;un rouge superbe qui me rappelle le rouge des fleurs des grands arbres de Wellington devant l&rsquo;ancien parlement.<\/p>\n<p>Un vrai cadeau du ciel pour moi. Me retenant toujours \u00e0 la paroi d&rsquo;une main, j&rsquo;ai laiss\u00e9 tomber le b\u00e2ton que je tenais de l&rsquo;autre main et j&rsquo;ai sorti ma cam\u00e9ra. Tant bien que mal, en me contorsionnant sur la paroi, j&rsquo;ai essay\u00e9 de les prendre en photo, manipulant les manettes d&rsquo;ouverture et de temps de pause de mon appareil d&rsquo;une seule main, au hasard,  sans trop savoir ce que \u00e7a donnerait. Les K\u00e9a faisaient la pause pour moi sans aucune crainte de ma pr\u00e9sence. Seule le bruit de ma cam\u00e9ra  les a fait sursauter au d\u00e9but. Pendant tout cet instant, j&rsquo;ai oubli\u00e9 ma faim, ma soif, le poids de mon sac \u00e0 dos et ma fatigue. Apr\u00e8s cette s\u00e9ance de photos, j&rsquo;ai serr\u00e9 ma cam\u00e9ra, repris mon b\u00e2ton et continu\u00e9 sur la cr\u00eate. 2 Nestor K\u00e9a se sont mis juste au dessus de moi et me regardaient avancer p\u00e9niblement en essayant de me dire\u00a0: <em>Pourquoi tu ne vole pas comme nous? Ce serait bien plus simple.<\/em> \u00c0 11:30, j&rsquo;avais atteint le sommet du mont Avalanche.<\/p>\n<p>Hier, j&rsquo;avais pris 6 heures pour me rendre ici. J&rsquo;esp\u00e9rais que la d\u00e9cente soit plus rapide. Mais, j&rsquo;en doutais \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat dans lequel je me trouvais. Juste avant de repartir du sommet, 2 personnes que j&rsquo;avais vu au <em>backpacker<\/em> sont arriv\u00e9es. Elle, parlait fran\u00e7ais, je lui ai dit que j&rsquo;avais d\u00fb dormir en montagne la veille et que je manquais d&rsquo;eau pour descendre. Je lui ai demand\u00e9 s&rsquo;ils en avaient un peu \u00e0 me donner.  Ils m&rsquo;ont donn\u00e9 l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une tasse d&rsquo;eau. Je regardais cet eau passer de leur contenant \u00e0 ma bouteille et j&rsquo;avais l&rsquo;impression de recevoir un liquide tr\u00e8s pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>Mon prochain objectif, atteindre le grand talus d&rsquo;herbe presque \u00e0 mi-chemin entre le sommet et  la fin du sentier pour me faire un lunch avant la derni\u00e8re descente. Curieusement, les parties difficiles avant ce talus m&rsquo;ont paru moins difficiles que pr\u00e9vu. Vers 13:30, sur le petit po\u00eale, je pr\u00e9parais mon lunch, un r\u00f4ti d&rsquo;agneau avec l\u00e9gumes et patates douces. Mais, contrairement \u00e0 la veille, 2\/3 de tasse au lieu d&rsquo;une tasse pour la cuisson suffirait. L&rsquo;autre 1\/3 de tasse je l&rsquo;ai bue pendant la cuisson. Pour tout le reste du trajet, il ne me restait moins qu&rsquo;une tasse d&rsquo;eau et une orange. Le r\u00f4ti d&rsquo;agneau m&rsquo;a permis de reprendre des forces mais je me suis mis \u00e0 avoir des br\u00fblements d&rsquo;estomac.<\/p>\n<p>\u00c0 14:00, je repartais. Le reste du trajet a \u00e9t\u00e9 un calvaire, mon sac \u00e0 dos devenait de plus en plus lourd. Mes jambes commen\u00e7aient \u00e0 ne plus \u00eatre capable d&rsquo;encaisser les coups \u00e0 la descente. Lorsque j&rsquo;ai atteint l&rsquo;endroit o\u00f9 les arbres commencent \u00e0 pousser, j&rsquo;ai mang\u00e9 mon orange en \u00e9crasant chaque morceau sur mon palais avec ma langue pour en extraire tout le jus que je pouvais. Apr\u00e8s, je n&rsquo;avais plus d&rsquo;eau et plus rien \u00e0 manger. J&rsquo;estimais, qu&rsquo;\u00e0 la vitesse o\u00f9 j&rsquo;allais, que je sortirais du sentier pass\u00e9 16:00.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re heure, je m&rsquo;arr\u00eatais \u00e0 tous les 5 minutes. Trop fatigu\u00e9. Compl\u00e8tement d\u00e9shydrat\u00e9. Tout ce que j&rsquo;esp\u00e9rais, rencontrer quelqu&rsquo;un qui descendait et lui demander son eau pour finir mon trajet. Cela ce n&rsquo;est pas produit. Je suis arriv\u00e9 finalement sur la route menant \u00e0 Arthur&rsquo;s Pass \u00e0 16:00. Encore 700 m\u00e8tres avant d&rsquo;arriver \u00e0 la voiture. Mais un  supplice pour moi. Passer devant les caf\u00e9s, restaurants o\u00f9 tout le monde boit et mange. Mon sac \u00e0 dos est insupportable. Une id\u00e9e me vient. Laisser mon sac \u00e0 dos derri\u00e8re un buisson et me rendre \u00e0 l&rsquo;auto et revenir le chercher. J&rsquo;ex\u00e9cute mon plan et cache mon sac \u00e0 dos. 100 pas plus loin, je pense \u00e0 ma cl\u00e9 d&rsquo;auto. Je cherche dans mon petit sac en bandouli\u00e8re, elle n&rsquo;est pas l\u00e0. Retourne o\u00f9 j&rsquo;ai cach\u00e9 mon sac \u00e0 dos et repars avec le tout sur le dos. Assez de temps perdu. En passant devant le stationnement, le <em>backpacker<\/em> est plein d&rsquo;autos. Pas de risque \u00e0 prendre, j&rsquo;entre et je demande qu&rsquo;on me r\u00e9serve une chambre pour la nuit. Voila c&rsquo;est fait. En sortant, la fille me regarde avec tout mon fourbi et me dit en riant, <em>Dure journ\u00e9e<\/em>. En effet.<\/p>\n<p>Une fois \u00e0 l&rsquo;auto, trouver la cl\u00e9. J&rsquo;ai paniqu\u00e9. Je pensais que je l&rsquo;avais perdu. Finalement, elle \u00e9tait bien enfouie dans une pochette de mon sac \u00e0 dos. Ouvre la voiture. Tombe sur une bouteille d&rsquo;eau. Je la bois d&rsquo;un trait. \u00c7a ne suffit pas. Ouvre la glaci\u00e8re, une bouteille de jus dans le fond. Je l&rsquo;avale aussi presque d&rsquo;un trait. Mon corps commence \u00e0 me dire merci, merci, milles fois merci.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai l&rsquo;\u00e9nergie de vider mon sac \u00e0 dos et de remettre le tout dans la voiture et dans mon petit sac d&rsquo;un  jour. Je retourne au <em>backpacker<\/em> avec la voiture. R\u00e8gle le co\u00fbt de ma chambre. La m\u00eame qu&rsquo;il y a deux jours. Je m&rsquo;y rend et me couche. Il est d\u00e9pass\u00e9 5:00. <\/p>\n<p>Je viens de me r\u00e9veiller apr\u00e8s un petit somme de 3 heures dans un bon lit confortable du <em>backpacker<\/em> de Arthur\u2019s Pass. J\u2019\u00e9tais fatigu\u00e9 apr\u00e8s mon retour de ma randonn\u00e9e au mont <em>Avalanche Peak<\/em><\/p>\n<p>J&rsquo;ai faim. Probablement ce qui m&rsquo;a r\u00e9veill\u00e9. Je me l\u00e8ve et d\u00e9cide d&rsquo;aller manger de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. En face du <em>backpacker<\/em>. Mes genoux ne plient plus. je marche comme un robot. Ma jambe droite fait des soubresauts que je ne peux contr\u00f4ler. J&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 me rendre au restaurant ainsi. Albert Einstein disait\u00a0: <em>L&rsquo;\u00e2ge m&rsquo;\u00e9tonne plus quelle ne m&rsquo;accable<\/em>. D\u00e9sol\u00e9 Albert, pour moi en ce moment <em>L&rsquo;\u00e2ge m&rsquo;accable plus quelle ne m&rsquo;\u00e9tonne<\/em>,  Je n&rsquo;ai pas mang\u00e9 la moiti\u00e9 de l&rsquo;assiette que j&rsquo;avais command\u00e9e. La serveuse pensait que je n&rsquo;avais pas aim\u00e9 \u00e7a. Mais j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 lui faire comprendre que l&rsquo;assiette \u00e9tait tout simplement trop grosse pour moi.<\/p>\n<p>Je suis ressortis du restaurant. Je me suis rendu \u00e0 ma chambre de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue comme un robot ayant des probl\u00e8mes de fonctionnement. J&rsquo;ai pris des comprim\u00e9s pour la douleur et me suis couch\u00e9.<\/p>\n<p>En me levant le lendemain matin, j&rsquo;\u00e9tais surpris que mes jambes n&rsquo;aient aucun bleu apparent. Je n&rsquo;ose imaginer l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">&copy; Klode P. (www.klodep.ca)<\/p>\n<table>\n<caption><strong>Photos du jour<\/strong><\/caption>\n<tr>\n<td>\n<a href='http:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/?page_id=1777'><img style='margin-left: 10px; margin-right: 10px; border: 5px double black; background-color: white; width: 30%; float: left;' src='..\/k-photos\/nz_2013\/j24_v\/KP20130210_102810C_3.JPG' alt='photo no 1' align=left\/><\/a><strong>Dimanche, le 10 f\u00e9vrier 2013<\/strong><br \\\/>et<br \/><strong>Lundi, le 11 f\u00e9vrier 2013<\/strong><br \/>Randonn\u00e9e au mont Avalanche\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Date de mise \u00e0 jour : 23 mars 2013 Mardi, le 12 f\u00e9vrier 2103 : 20:15 &#8230;Suite J&rsquo;ai quitt\u00e9 ce matin Arthur&rsquo;s Pass pour me rendre \u00e0 Hokitika pr\u00eat de la mer sur la c\u00f4te Ouest. En passant devant le &hellip; <a href=\"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/?p=1648\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-1648","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article-du-jour"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1648","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1648"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1648\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2174,"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1648\/revisions\/2174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1648"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1648"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nz2013.klodep.ca\/wrdpnz2013\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1648"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}