Date de mise à jour : 23 mars 2013
Samedi, le 02 février 2013 : 21:00
Un peu de découragement ce matin. Hier j’ai fait le compte des journées qu’il me reste ici. Encore 7 semaines, c’est beaucoup mais peu à la fois. J’aurais besoin d’un an pour tout voir tellement il y a de lieu à visiter ici. C’est comme vouloir visiter tout le Québec en 7 semaines : Montréal, Québec, Abitibi, Mauricie, Charlevoix, Saguenay, Gaspésie, Beauce, Montérégie… puis aller faire un tour à Toronto et New-York. Seul un français peu faire ça.
Bon! Si des français sont en train de me lire, avouez que je n’ai pas tout à fait tord. Vous pouvez faire vos commentaires la-dessus en bas de cette page. Merci. Je vais me faire un plaisir de vous répondre.
Donc, j’ai décidé de me ré-enligner pour les prochaines semaines. Je me suis mis au calcul.
Je dois être à Auckland le 16 mars pour mon départ le 18 mars. Deux bonnes journées pour tout ranger dans ma valise et remettre mon vélo dans sa boîte ne sera pas de trop. Il me reste donc 7 semaines, soient 49 jours. En retirant 6-7 jours de trek et de préparation pour faire un sentier avec refuges, Milford Trail ou autre, il me reste 42 jours que je peux diviser en 3 ou 4 jours à chaque place. Donc 10 à 14 endroits au maximum à visiter en Nouvelle-Zélande. Donc aujourd’hui, je m’enligne pour visiter ce qu’on appelle la région de Marlborough et Nelson pour les prochains 3 ou 4 jours maximum.
Je suis donc parti de Picton vers 9:30 ce matin après une nuit difficile. Une jambe qui ne voulait pas dormir. Vers 1:30 cette nuit, je me suis levé, pris un vers d’eau et me suis assis une demi-heure en buvant tranquillement mon verre d’eau. Le sommeil est venu m’envelopper par le suite jusqu’à 7:30 ce matin.
La route que j’ai suivi aujourd’hui s’appelle la Queens Charlotte Drive; partant de Picton, direction Havelock, Nelson, Richmond puis je ne sais où je vais m’arrêter. Entre Picton et Havelock, 25 à 30 km seulement; route en lacet; des lookout à presque tous les kilomètres; impossible d’arrêter partout car quelquefois c’est trop dangereux, je ne suis pas du bon côté de la route. Comment vous dire? Obligé de surveiller la route sinueuse devant moi, j’aurais aimé avoir des yeux dans chacune des oreilles et deux autres derrières la tête. Une vision à 360o n’aurait pas suffit. Des montagnes de verdure à ma gauche, à ma droite, la mer qui ne sait pas si elle doit rester bleu ou verte. Les Marlborough Sounds tout en bas de la route sont à couper le souffle. Les forêts en montagne sont plus verte ici qu’à l’île du Nord. À chaque arrêt, en sortant de la voiture, un concert de cigales nous souhaite la bienvenue. On peut même les voir sur les branches des arbres.
Rendu à Havelock, je me suis rendu à la marina pour relaxer un peu. J’ai pu marcher sur les quais donnant accès aux petits bateaux moteur et voiliers. Après Havelock, la route entre dans les terres. Il Y a beaucoup d’activités policières. Un motocycliste arrêté pour excès de vitesse d’un côté. De l’autre côté, en un peu moins de 5 minutes, plusieurs autos de police passent à toute vitesse gyrophares allumés et sirènes hurlant. Probablement un bouchon causé par un conducteur distrait ayant pris un carrefour giratoire dans le mauvais sens. En conduisant, même en restant attentif à la route, une bulle s’empare de moi, ma tête est pleine d’images. Toutes sortes de pensées affluent. Jusqu’à me dire que les gens atteints d’autismes doivent être bien dans leur bulle. Qu’on ne devrait pas chercher à les comprendre pour les ramener dans notre monde. C’est comme faire un trou dans la couche d’ozone de leur bulle. Je ne sais pas trop ou je m’en vais avec tout ça mais finalement j’arrive à Nelson où on y découvre une superbe plage plein de monde en ce samedi ensoleillé. Une marche sur la plage s’impose. Au loin, de grands cerf-volants font des farandoles dans le ciel. Je m’y rends pour y prendre quelques photos. Puis, un petit lunch dans un café. C’est maintenant l’heure de penser à me trouver un lit. J’ai poursuivi ma route quelques kilomètres passés Richmond où une annonce de camping s’est présentée à moi. Des petits chemins vallonnés en campagne. Je me sens un peu perdu et m’arrête sur l’accotement pour vérifier où je me trouve sur une carte. Un policier arrive et me demande si j’ai un problème. Non, je cherche un camping. Il me dit qu’il ne me reste que 3 à 4 km à faire et repart en me saluant. Merci.
Comme d’habitude, pas beaucoup de monde. Je m’installe en m’assurant que demain le soleil se dardera tôt sur ma tente. Après la douche, la grand table ronde près de la place où je suis campé est remplie de monde avec un verre à la main. Je vais chercher ma bouteille de vin acheté à Hawke’s Bay et m’installe avec eux.
À côté de moi, un couple hollandais, de l’autre côté un couple roumain avec leurs deux filles. Tous les autres sont de la place. On est environ une douzaine en tout. C’est une cacophonie de mots anglais autour de moi à ni rien comprendre. J’entreprends une conversation avec mon voisin hollandais. Il est un peu comme moi au niveau de la maîtrise de la langue anglaise. Trop de mots en même temps pour lui aussi. On réussi tout de même à converser, sa femme venant à l’aide de son mari pour nous aider à nous comprendre l’un et l’autre. On en rit tous les deux. Mon vin est bon. je n’ai pas l’intention de boire toute la bouteille. Je le prends avec les cerises achetées ce matin. Quelqu’un me tend un restant de fromage bleu que personne n’ose goûter. Je le prends avec plaisir. C’est mon premier fromage en Nouvelle-Zélande. Avec mon doigt, je porte le morceau à ma bouche, le laisse un peu ramollir entre ma langue et mon palais et prend une gorgée de mon vin. Ha! Papilles gustatives, que je vous aime quand vous vous réveillez comme cela. En terme d’accords vin fromage, je ne pouvais demander mieux. J’en liche le goût laissé sur mon doigt. J’ai un geste d’appréciation envers la personne qui me l’a donné. Tout le monde en rit.
Après quelques instants, tout le monde se lève pour vaquer à je ne sais quoi. Je vais porter la moitié de ce qui me reste de mon vin au frigo dans le bloc cuisine. Les roumains sont là. On se met à jaser de l’hiver au Québec. Ça l’intrigue. Puis après, une petite sieste dans ma tente, le vin m’endors. Après le dîner, je m’installe avec mon ordinateur et ma paperasse dans le petit salon où tout le monde peut se réunir en soirée.
Hé bien, plusieurs personnes n’ont cessé de me donner des endroits à aller voir ici et là sur l’île du Sud. Quelqu’un m’a aussi donné beaucoup de renseignements sur la Milford Trail et fera des recherches pour moi demain. Je suis revenu au point de départ, mes calculs sont foutus, il faudrait que je reste ici un an.
© Klode P.
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De Picton à Upper Moutere |
Bonjour Claude,
très décue pour toi que tu ne puisses découvrir ce beau pays au rythme que tu aurais
aimé prendre.Mais je te suggère une petite »prière »qui m’aide souvent dans les moments
dérangeants de ma vie:
Mon »Dieu », donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer,
le courage de changer celles que je peux
et la sagesse d’en connaître la différence.
Bonne journée, et merci de me faire voyager avec toi.
Nicole xx
Merci pour tes prières.
Mais même si ce ne sera que 2 mois, moi c’est le titre d’une chanson d’Édith Piaff : Non je ne regrette rien.
Peut-être que les paroles ne vont pas avec ce que je vis, mais le titre me va à merveille.
Bye.
As-t-eu peur que je cite une chanson de Kate Bush?
Bonjour Claude, en lisant ton texte, je me suis mise à fredonner une chanson de Michel Fuguain. (Je n’aurai pas le temps). Désolée pour toi que le temps passe si vite, profites bien de chaque moment qui passe, parce que malheureusement en voyage, même en cent ans…, on aurais pas le temps de tous voir…Bizou. Francine
Allô Francine et Richard.
Tu as totalement raison. Dit à Mélissa qu’ici, c’est un peu comme le paradis des chevaux et des gens qui aiment l’équitation.
Elle aimerait sûrement çà. À moins que ses intérêts pour les chevaux aient changés depuis.
Bye
XXX
Salut Claude, Je viens seulement de lire ta réponse. Mélissa n’a rien perdu de son amour pour les chevaux et avec les photos que tu nous fais parvenir, la Nouvelle Zélande me semble en effet un pays rêver pour faire de l’équitation et des dizaines d’activités en plein air. Que de magnifiques paysages. On a l’impression que tu es le seul touriste dans le coin.