Date de mise à jour : 23 mars 2013
Mercredi, le 06 février 2013 : 23:00
Un caleçon long en laine de mérinos, un gilet à manches longues aussi en laine de mérinos, un gilet polar à manches longues, mon manteau de pluie avec le capuchon sur la tête, enroulé jusqu’au nez dans mon sac de couchage avec par dessus, ma nappe-couverture, rien à faire, je grreeeloottte de la tête au pied.
Même au Népal, à plus de 4 000 mètres d’altitude, à près de -10oC, je ne me rappelle pas avoir grelotté à ce point. Après 30 minutes à essayer de me réchauffer, je sors de ma tente pour aller m’installer sur un divan dans le salon du bloc communautaire. Il est 6:05. Je garde tout sur le dos, sauf le sac de couchage bien sûr et je laisse ma nappe dou-dou dans la tente. On dit dou-dou, dou-doune ou autre chose? La couverture qu’un enfant tient dans sa main avec le pouce dans la bouche et qu’il traîne partout où il va. J’ai un flash. Ma belle Annabelle avec sa couverture et le pouce dans la bouche.
J’ai parcouru la distance entre ma tente et le bloc communautaire sans plier les genoux tellement je suis raidi par le froid. Mes sandales et mes pieds sont tout trempes de la rosée qu’il y a sur la pelouse. En entrant dans le bloc, ça sent le feu.
Quelqu’un a allumé le poêle à bois dans le salon. Probablement Christ qui occupe l’une des 2 chambres que l’on peut louer à ce camping. Vite, je m’installe debout devant le poêle pour me réchauffer. Je suis transi, l’humidité est passé à travers ma peau pour ce loger entre elle et mes os. À l’intérieur de moi, je dois avoir les muscles enrobés de rosées matinales comme l’herbe dehors.
Un bon café serait bienvenue. Mais je n’ose pas m’éloigner de la chaleur qui sort du petit poêle. Je dois me réchauffer avant. Dix minutes que je suis planté là à regarder le feu. L’extérieur de mon corps se réchauffe, mais pas l’intérieur. Et si j’avalais un tison pour faire évaporer toutes cette rosée logée sur mes muscles à l’intérieur de moi? Encore une mauvaise idée. Je risque de me brûler les doigts en prenant le tison dans mes mains.
Bon! J’ai moins froid, je peux maintenant aller me faire un bon café. Cependant, je dois faire attention car hier, en faisant mon café, j’ai déclenché le détecteur à incendie juste avec la senteur de mon café. Il n’est que 6:30 du matin et Christ et sa femme dorment tout à côté. En me rendant à la cuisine, je vois Christ sortir de la chambre, en pyjama, le couvre lit enroulé autour de lui. En me voyant, il a dû enlever son pouce de sa bouche. Je n’en sais rien. L’humidité l’a réveillé aussi cette nuit. Je suis content de savoir que toute cette humidité dans l’air passe aussi à travers les murs des maisons et pas seulement ceux de ma tente.
Ça l’aura pris près de 2 heures avant que la chaleur du soleil chasse toute cette humidité. Par contre, ma tente est restée mouillée encore un bon bout de temps. Tout ça a donc retardé mon départ en direction de Westport sur la côte Ouest. Un trajet d’environ 250 km. Plutôt que de revenir sur mes pas pour faire d’abord la côte Est, j’ai décidé de continuer mon chemin vers l’ouest.
Durant le premier 100 km de Upper Moutere jusqu’à Kawatiri, on longe une ou plusieurs rivières en terrain plus ou moins plat. Mais devant nous, au loin, on commence à voir des montagnes avec des pointes rocheuses et ce qui semble être des crevasses remplies de neige. Puis, on se met à monter. Les montagnes autour de nous se mettent à grossir. Ma Nissan 1997, surchauffe. À certains arrêts, en sortant de la voiture, une odeur de moteur qui a donné ce qu’il pouvait se fait sentir. Mais, je ne m’en fait pas, car j’essaie de ne pas forcer la note avec la voiture. Les belles rivières tranquilles que je suivaient ce matin, sont devenues des torrents. À plusieurs endroits, la route se met à serpenter autour des montagnes et vallées.
Encore une fois, je me dis que j’aurais dû faire le plein avant de partir. Je peux sûrement faire encore 35 à 40 km mais ici, les stations services sont rares. Je m’arrête à un carrefour menant à plusieurs endroits dans le parc et ou il y a un petit café-restaurant. Je m’informe de la distance à parcourir encore pour pouvoir faire le plein. À Murchison, à 5 à 10 minutes maximum d’où je suis. De là, il me reste environ 100 km encore à faire.
Après quelques autres kilomètres passés Murchison, la route se remet à descendre pour finalement arriver au niveau de la mer jusqu’à Westport sur la côte Ouest. Je suis arrivé là, passé 16:30. Je suis dans un joli backpacker. Une grande maison avec l’intérieur tout en bois et un magnifique escalier aussi tout en bois qui monte jusqu’à un troisième étage.
Je vais passer 2 nuits ici. Demain je veux aller faire un tour à Carters Beach et ensuite me diriger vers Karamea à 95 kilomètres d’ici et revenir au backpacker.
© Klode P. (www.klodep.ca)
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En route vers Westport |
Tout ce froid me rappelle mes nuits sur le chemin des Incas!! Se réveiller en grelottant la nuit c’est pas très agréable et il est très difficile de retrouver le sommeil! Peut-être devrais-tu t’acheter une doudou plus chaude! Ou faire de la visualisation en pensant que tu es de retour dans l’eau chaude du Pacifique comme la veille!
xxx
Bonne idée,
pour le Pacifique.