Date de mise à jour : 23 mars 2013
Jeudi, le 07 février 2013 : 22:05
Aujourd’hui, une grosse journée s’annonce devant moi. Je veux d’abord me rendre à Karamea. Un petit village au bout de la route qui longe la côte Ouest en montant en direction des Tasman Mountains. Environ 105 kilomètres de route pour s’y rendre. En fait, c’est comme si je m’en allais en direction des grandes dunes de sable sur lesquels j’ai marché à Collingwood, mais en prenant une route complètement de l’autre côté de la péninsule. Ensuite, à mon retour, j’aimerais me rendre à Carters Beach, pas très loin de Westport où je me trouve présentement. J’ai tout de même réussi à partir tôt après mon déjeuner au backpacker, 9:45. Ici, c’est tôt.
La route suit la côte presque tout le temps en passant dans des petits villages comme Granity, Ngakawau, Summerlea, Little Wanganui. Des noms sûrement évocateurs pour un maori. Quand je vois ces noms ici, je me dis qu’au Québec, on aurait pu avoir des noms de village en langue huronne ou iroquoise au lieu d’avoir des Saint-Village et des Sainte-Ville partout.
Comme d’habitude, sur la route, plusieurs endroits accrochent mon regard et m’incitent à arrêter. À Ngakawau par exemple, une plage plein de débris laissés par la mer m’a attiré. Je m’y suis assis et là, j’ai ressenti la solitude.
Ces débris laissés par la mer, ce sont des tas de racines tordues enchevêtrés, des gros troncs d’arbres qui jonchent le sol. Tout ce bois a été blanchi avec le temps, par le sel de mer, le sable poussé par le vent et les rayons du soleil. Loin d’être de la pollution laissée par l’humain, ces débris ont été rejetés là par la mer qui les arrachés un jour à une côte lointaine et qui a essayer de faire avec tout ça une œuvre d’art sur cette plage. C’est très beau à voir.
J’ai marché parmi ces débris et comme d’habitude, personne sur cette plage. Je me suis assis pour savourer ce moment de solitude. Pour moi, la solitude, c’est comme le bonheur. Ça passe par petite bouffée et quand la bouffée passe, il faut essayer de faire un chemin avec pendant qu’elle passe. Très souvent, une bouffée de bonheur ça vient avec les gens autour de nous. C’est à force de faire du chemin avec différentes bouffées de bonheur, qu’on risque au bout du compte d’être heureux avec les autres. Une bouffée de solitude, c’est la même chose, mais avec soi-même. Se sentir bien dans un moment de solitude, c’est être bien dans sa peau.
Par contre, ressentir la solitude, c’est tout autre chose. On ressent la solitude quand on est seul et qu’on veut être avec quelqu’un. C’est ce qui m’est arrivé cet après-midi sur cette plage en savourant ma bouffée de solitude. J’ai senti tout d’un coup sa présence près de moi. J’ai eu le goût de partager tout ça avec elle. Mais peine perdu, en regardant autour de moi, je ne voyais personne. Le tsunami qu’on appréhendait en Nouvelle-Zélande ces derniers jours est venu de l’intérieur de mon corps. L’eau de la mer de Tasman devant moi n’a pas monté d’un poil même si j’y ai ajouté quelques gouttes de mes larmes.
Avant de repartir sur ma route, j’ai attendu que la vague passe. À quelques kilomètres avant d’arriver à Karamae, au bout de cette route, j’ai embarqué un maori qui faisait de l’auto-stop. Un vrai. Teint basané, cheveux noir comme de l’ébène, une coiffe maorie typique, je n’ai pas remarqué s’il portait des tatouages. Même si ça ne faisait que 3 minutes qu’il était là, il était content. Moins grand que Sijanne, il semblait plus confortable à l’avant. Il aime voyager mais, en Nouvelle-Zélande seulement car l’avion lui fait peur. Il fait aussi de la voile avec des amis. Il demeure à l’île du Nord dans la partie plus à l’ouest. Je lui ai dit que je voulais aller faire de la photo à la plage de Karamae. Le trajet a duré 10 minutes. On était déjà rendu à Karamae. En sortant de la voiture, il me dit : Si tu aimes la photo, va faire un tour dans ce petit café. Il me montre, juste de l’autre côté, un petite maison, colorée, faisant office de petit café.
J’ai tout de même continué directement vers la plage de Karamae pas très loin de là. On accède à cette plage en montant sur une petite dune de sable. À mon arrivée, 2 personnes descendaient la dune et quittaient les lieux. Rendu sur le sommet de la dune, on aperçoit l’immensité du décors. Devant moi, une mer déchaînée, de chaque côté, des kilomètres de plage, vide. Derrière, au loin, les Tasman Mountains qui forment une barrière naturelle avec l’autre côté de la grande péninsule où je me trouve. Pas question de se baigner ici. En marchant tout près de l’eau, une vague que je n’attendais pas est venue me lécher jusqu’aux genoux. À son retrait, le sol s’est mis à se défiler sous mes pieds. J’ai dû faire fonctionner rapidement tout mes réflexes d’équilibristes pour ne pas tomber à l’eau avec tout mon fourbi sur moi.
Question de me reposer de la route de ce matin, j’ai marché et flâné sur cette plage plus d’une heure avant de reprendre le volant. J’avais à refaire les 100 kilomètres de ce matin. En passant devant le petit café, j’ai décidé d’aller voir à l’intérieur. Les murs sont remplis de photos. Je fais le tour pendant qu’un maorie et un néo-zélandais prennaient le café. Des photos magnifiques avec chacune une pensée qui sort de l’ordinaire. Des gens en action. Une photo splendide de seins nus d’une femme avec 2 bébés en train de téter et une phrase du genre : L’abondance s’est d’être capable de produire ce qu’on a de besoin pour vivre. Beaucoup de photos des Indes.
Pendant que je regarde, le maorie me regarde, je lui dit que j’aime beaucoup les photos. Il me répond en français. Sa femme est originaire de la France. Je continue à faire le tour, la fille au comptoir, me demande en français d’où je viens. Je lui dis c’est vous la française? Non, c’est une autre qui n’est pas là pour le moment. Je lui demande qui fait toutes ces photos, elle me pointe le néo-zélandais assis avec le maori. Je vais le voir et lui dit que j’aime beaucoup ce qu’il fait. Il ne parle que l’anglais. Il me dit vient voir et me montre son équipement photographique avec lequel il travaille. Des appareilles pas très jeunes, certains à pellicule, d’autres numériques mais ça me semble de très bons appareilles. Je vois une lentille bizarre sur la table. En fait c’est un tube mais, perforé aux deux bouts mais aussi sur les deux côtés. Je lui demande à quoi ça sert? C’est la première fois que je vois ça. Il m’explique. Ça se met devant une lentille. À l’intérieur du tube, 2 miroirs à 45o pointant vers la lentille. Comme un périscope de sous marin mais avec 2 miroirs. Ça permet d’avoir une vision à 180o, un peu comme un cheval. Il me regarde en riant et me dit, je suis en train de t’expliquer mes trucs.
Je suis sorti de là avec un livre dédicacé de ses photos. Le gars que j’avais pris avant d’arriver ici lisait dans un jardin de l’autre côté de la rue. Je l’ai interpellé d’où j’étais et avec mon pouce vers le haut, je lui ai fait un signe comme pour lui dire merci pour le petit café. C’est drôle, mais je n’ai pas encore osé faire un doit d’honneur à quelqu’un ici. J’ai refait la route vers Westport en arrêtant à un seul endroit pour dîner. Un petit bar-restaurant tout seul sur la route. Quelques personnes dans le bar, moi tout seul dans le restaurant. Je ne savais pas quoi prendre, le cuisinier me suggère son poisson du jour en me disant qu’il est imbattable. Ok. Imbattable effectivement.
Rendu à Westport, je me rends au backpacker pour payer ma chambre et sortir mon vélo pour me rendre à Carters Beach. Je demande à la fille du backpacker si c’est loin. À 50 km d’ici. Bon! Trop loin pour le vélo. Je décide tout de même de faire un bout en voiture et de finir le reste à vélo. Mais avant, passer au guichet retirer de l’argent et faire une petite épicerie. Ce qui était supposé être 50 km n’était en fait que 4 km. Je continue quand même en voiture jusqu’au cap Foulwind, 10 kilomètres plus loin, pour faire un tour de vélo à partir de là. Là-bas, je sors le vélo, ça fait un bout que je ne l’ai pas sorti. Merde, mon pneu arrière est complètement à plat. Remet le vélo dans la voiture. Mais, à cet endroit, il y a un sentier qui longe les falaises jusqu’à un petit phare. Environ 1h30 aller-retour.
Sur le sentier, une végétation que je n’avais encore jamais vue, des falaises splendides avec d’énormes rochers en bas dans la mer et sur lesquels, des vagues déchaînées viennent se briser. Rendu au phare, je rebrousse chemin et durant tout le temps de mon retour, le soleil va prendre son temps pour se coucher devant moi.
Je suis revenu au backpacker à la noirceur. Une belle journée. Des petites vagues secondaires sont revenues de temps à autre mais sans trop faire de dégâts. La nuit va me faire un grand bien.
© Klode P. (www.klodep.ca)
|
Karamea et Cape Foulwind |
Je viens de te lire… je pense fort à toi! Je suis certaine que maman est là quelque part et qu’elle continue à partager nos vies et à l’influencer.
Je t’aime
xxx
Gros bisous.
XXX
Quel beau texte, lu avec beaucoup d’émotion. Je t’envoie plein de pensée positive. Amitié. Francine
Un gros merci.
Ma nuit a été réparatrice
Je t’ envoie ceci pour tromper TA solitude :
Ramadan : Ce que disait EVE pour faire avancer le bateau.
Syntaxe : Fête des impôts.
Mercato : Maman praticante.
Entrer dans l’arène : Action permettant d’assurer la descendance du royaume.
Je suis encore enceinte : Imparfait du préservatif.
Péniche : Zizi portugaiche.
Chauffeur de corbillard : Pilote décédé.
Tequila : Interpellation d’un inconnu chez soi !
Cedille : Invention stupide crée par un certain Monsieur Ducon.
Allégorie : Fait d’encourager un gros singe.
Patois nîmois : Mais c’est qui alors ?
Considéré : Tellement con qu’il n’en revient pas !
Terre des hommes : Parce qu’il est impossible de faire taire des femmes.
Chapitre : Matou rigolo.
Amsterdam : Femelle du Hamster.
Gabon : Mec vraiment trop sympa !
Perroquet : Accord du père.
Mon amiral : Mon copain n’est jamais content.
La maîtresse d’école : L’institutrice prend l’avion.
Les ciseaux à bois : Les chiens aussi !
Libyen : Bon en lecture.
Camisole : La drogue rend solitaire.
Le gospel : Parce qu’il a pris un coup de soleil, le gamin !
Un enfoiré : Une année de perdue.
Gévaudan : Ce que l’on dit à Mamie quand on a retrouvé on dentier !
Expatriées : Anciennes petites amies par rangées.
L
Amusant comme commentaire.
À partager avec les autres.
Mais attention aux textes trop long, ça tombe automatiquement dans les commentaires indésirables.
Bye
Très touchant comme texte.. pas moyen de retenir mes larmes. Tu écris tellement bien que je ressent tes émotions comme si je les vivaient moi aussi. Un talent que je ne connais pas de toi, mais impressionnant !!!
Merci, Méli.
Je t’envoie 3 petits becs sur les joues de sa part.
Vraiment une belle et dure journée Claude. Ce voyage que vous rêviez de faire à deux aboutissant en accomplissement personnel te fait sûrement vivre toute une tempête d’émotions. Ressentir sa présence est certainement difficile du fait de la constatation de l’absence. Peu importe comment, je suis certaine qu’elle t’accompagne dans ton périple et que ces rappels de l’ange qui passe réflète son encouragement à poursuivre ton rêve.
Bonne route….tes photos sont magnifiques.
Merci.
Bonjour Claude,
Quel superbe voyage et quelle écriture!
Avec tes descriptions parfois humoristiques, toujours pleines de fraîcheur, relatées avec de belles émotions, on a l’impression de partager cette merveilleuse aventure. Merci beaucoup pour ta franchise et ta spontanéité. Pour notre part, on apprend à mieux te connaître. Nous te souhaitons de belles rencontres humaines et/ou avec la nature. Bravo pour tes photos et ton site. Bonne continuation.
Amitié!
Marlène et Jacques xxx
Je suis toujours content quand je reçois un premier commentaire de quelqu’un.
Ça me donne l’impression que j’ai autour de moi un petite communauté qui me suit même si elle n’ose pas se manifester.
Bienvenue dans mon road trip.
P.S. Marlène, Jacques, je pense que vous connaissez bien Michelle Dubeau et Jean Delisle. Je voulais voir Michelle avant de partir pour lui donner l’adresse de mon blogue. Je sais qu’ils aiment beaucoup voyager.
Peux-tu leur transmettre mon adresse. Ça serait gentil.
Merci.
Bonjour Claude,
Nous avons laissé tes coordonnées sur le répondeur de Michelle et Jean.
Je ne sais pas s’ils sont en voyage, on ne les voit pas en prenant nos marches.
Nous jetons toujours un coup d’oeil à ta maison lors de nos randonnées pédestres.
Marlène et Jacques xx
Merci pour la maison,
J’espère que la neige ne l’a pas trop envahie.
Superbe description… Je voyais par tes yeux le paysage….
Merci de m’ammener dans ta solitude…..
Mais tu n’est pas seul, beaucoup de gens pense à toi….
En passant, MACI il n’y a encore rien de fait ;o) et je suis certain que dans ta solitude, tu ne pense pas beaucoup à çà ;o)
Merci,
C’est bon à savoir.
Merci de partager tes émotions… Je t’envoie plein de pensées positives !