Date de mise à jour : 23 mars 2013
Vendredi, le 15 février 2103 : 20:11
Comme prévu ce matin, j’ai fait le sentier Three Mile Lagoon, 9.8 kilomètres, 3 heures 30 aller-retour. Puis, je me suis rendu au village de Franz Josef et non de Fox Glacier comme je l’ai écrit hier. Fox Glacier c’est un autre village et aussi un autre glacier 20 kilomètres plus loin. J’avais donc, l’intention de me rendre au glacier du même nom Franz Josef Glacier. Mais avant, j’ai ramassé toutes mes affaires de camping car je n’avais pas idée de l’endroit où je me ramasserais après ces 2 endroits.
En regardant autour de moi les autres ramasser leurs affaires aussi, je me suis dis que de ce côté, moi par rapport à eux, j’ai pas grand chose à faire. En 10 à 15 minutes, tout est dans la voiture. Ça m’a réconcilié avec le Klode Sherpas d’Arthur’s Pass.
Je suis donc parti sur le même sentier qu’hier, en direction de la colline tout près d’ici mais, au tiers de la randonnée, en bifurquant vers le lagon.
C’est une boucle qui revient par la plage. Un très beau sentier à travers une végétation luxuriante. Le soleil était au rendez-vous. Physiquement, la forme était revenue. Je me suis rendu jusqu’au lagon. Vraiment superbe comme endroit. Ensuite, j’ai pris la direction de la plage pour le retour. Ouf! Une mer super agitée. Juste en regardant au loin, c’était évidant que de revenir par la plage c’était impossible. La mer avait déjà occupée toute la plage à certains endroits. J’aurais dû commencer le trajet par la plage et non par la colline. Je ne sais si c’est un phénomène terrestre ou un pur hasard, mais souvent dans mes voyages, je remarque que les océans à l’Ouest d’un pays ou d’une île, sont toujours plus agités qu’à l’Est. Faudrait demander à Charles Tisseyre, il saurait. D’ailleurs, en parlant de Charles Tisseyre, ça me surprenait mais il avait raison pour l’effet de Coriolis. J’ai pu le constater. Ce n’est pas une vérité absolue que l’eau dans les éviers ici tourne dans le sens contraire à l’eau des éviers de l’hémisphère Nord. Merci Charles, sans toi, je ne sais pas dans quelle direction ma science s’en irait.
Pour continuer, je suis quand même resté quelque temps sur la plage en sécurité loin des vagues car c’était beau à voir ces coups de vague sur les gros rochers qui ne bronchaient pas. Puis, j’ai repris le même sentier pour le retour. À mi-sentier, la hanche a commencé à me faire mal. Bon! J’ai ralenti. Mais le mal a persisté.
Ha! Ce corps en processus de vieillesse qui me laisse un petit goût de tristesse quand je ressens ces petites faiblesses qui gruge ma souplesse.
Rendu à la voiture, je me suis rendu au village de Franz Josef avec la hanche qui me faisait toujours mal. Là-bas, le combat entre montagnes et nuages était pire qu’hier. Pas question d’aller au glacier. Ma décision de retourner au même camping venait de se prendre. J’entrevoyais un autre bon dîner pour ce soir. Demain, sera mon dernier essai pour le glacier. Dans un petit café au village, j’ai commandé un sandwich au poulet, tomates, fromage, salade, mayonnaise, avec des petites patates rôties et un bon café mocha.
En voyant le sandwich arrivé, j’ai dit au serveur : Wow! It’s very big. Je ne savais pas, il était français. Un sandwich à 4 tranches de pain une par dessus l’autre. Pas des pointes mais des tranches complètes. Tout ça, retenu, pas par des cure-dents, mais par une grosse tige à brochette. Même chose pour les patates rôties, un plat familiale à moi tout seul. Intérieurement, en regardant le sandwich, j’ai essayé de voir jusqu’où ma bouche pourrait ouvrir pour prendre une bouchée là-dedans. J’étais devant une impossibilité. La solution, aplatir le sandwich. Mais, en enlevant la tige, tout le sandwich c’est effondré dans mon assiette. Je l’ai mangé avec un couteau et une fourchette. Je suis revenu au même camping qu’hier mais, comme dîner, au lieu d’un bon repas comme prévu, seulement une soupe aux légumes printaniers en sachet.
Au cours de la journée, mon problème de hanche ne s’est pas résorbé. Je commence sérieusement à remettre en question ma randonnée de 5 jours sur la Milford Trail. Ça me désole. Je m’étais tellement promis de faire cette randonnée. Car ici, en Nouvelle-Zélande, c’est comme un must à faire pour un randonneur. Déjà, j’entends les gens dire :
Hein! T’es allé en Nouvelle-Zélande et t’as même pas fait Milford Trail.
T’as passé 60 jours là-bas, sans faire Milford Trail. Hé Bien!
Hey! Tu te rends contre? 60 jours. Pis t’as même pas trouvé 5 jours pour faire Milford Trail.
Ben! Voyons donc! Un sentier de 5 jours. Mais t’as fait quoi là-bas?
La honte commence à me monter au visage. J’en ai parlé à presque tout le monde avant de partir que je ferais cette randonnée. Je suis sûr que ceux à qui j’en ai parlé ou qui me lisent ne connaissaient même pas ça la Milford Trail avant que j’en parle. Hein! Levé donc la main ceux qui connaissaient ça Milford Trail avant que j’en parle. Comptez-vous pour voir. Êtes-vous 40 à lever la main? D’après moi, vous n’êtes même pas 10. Tout de même, quelle honte pour moi. J’aimerais ça arriver au centre d’interprétation et :
Bonjour madame. J’aimerais réserver les gîtes, le bateau, l’autobus, tout ce qu’il y à réserver pour faire Milford Trail.
Très bien monsieur, quand prévoyez-vous faire Milford Trail?
Boff! Disons, que je partirais demain matin.
Mais voyons monsieur, c’est pas sérieux, demain c’est déjà complet. Vous auriez dû réserver avant.
Bon! Je ne savais pas, je viens du Canada. Vous pouvez me proposer quoi?
Attendez, je regarde. Bon! Les prochaines réservations possibles pour ce sentier c’est le 25 juin 2015. Le 25 juin, pour vous au canada je pense que c’est le Noël des campeurs. Mais ici, pour nous, c’est le Noël des skieurs.
Bon! Ok. Merci pour les informations, je vais y penser.
En sortant du centre d’interprétation, je pourrais m’exclamer, Yes Sir! comme ça j’aurais une bonne raison de dire à tout le monde que je n’ai pas pu faire Milford Trail. Malheureusement, ça ne se passe jamais comme on pense et probablement qu’en allant au centre, il va y avoir de la place dans un groupe. Car, quelqu’un ici m’a dit que souvent, il y a des gens qui annulent à la dernière minute. Mais, même avec un groupe, avec ma hanche, j’ai l’impression que le corps ne suivra pas. J’ai de plus en plus honte. Tellement que si je ne fais pas Milford Trail, pour cacher ma honte, et ça, pour tout le reste du voyage, même jusqu’à Montréal s’il le faut, je me mets ma nappe rouge sur la tête et j’y fais 2 trous pour voir où je marche. Comme ça, pour le reste du voyage, personne ne va voir ma honte de ne pas avoir fait Milford Trail.
© Klode P. (www.klodep.ca)
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Sentier Three Mile Lagoon |
En fait, tu as raison je suis de celles qui ne connaissaient pas Milford Trail et pis quoi, je ne serais pas capable de le faire, mon ignorance m’épargne la honte, non ?
L’important c’est que toi, tu voyages à ton goût. Tu as l’obligation de t’amuser, d’en profiter en respectant tes capacités et tes envies.
De notre coté, je suis persuadée que tout ceux et celles qui voyagent à tes trousses y trouvent leur compte. Pour ma part, je fait de merveilleuses découvertes, je suis captivée par tes récits et émerveillée par tes photos et tout ça dans le confort de mon fauteuil, alors à bien y penser, passe moi ta nappe que j’enfile la honte.
Est-ce que tu aimerais que je t’en ramène une?
Ou on embarque tous les deux sous la même nappe.
Bye.
Toi, t’en as pas besoins, c’est certain.
Ce sont ceux qui jugent qui devraient avoir honte…
Claude, tu partages déjà avec tes lecteurs un superbe voyage et tes aventures quotidiennes valent bien plusieurs « Milford Trail » !
Garde plutôt ta nappe à carreaux comme drapeau à damiers que tu pourras agiter à ton retour, comme pour le pilote qui franchit la ligne d’arrivée, avec l’admiration des spectateurs 😉
OK Raymond,
Tu as bien raison