Milford Sound – Absolument mémorable

Date de mise à jour : 23 mars 2013

Dimanche, le 24 février 21:40

Bonsoir journal-blogue pas très intime. Depuis la veille de mon départ pour Milford Sound, mercredi le 20 février, que je n’ai pas eu de contact avec toi. Il s’en est passé des choses depuis ce temps. J’ai l’impression que mes journées durent vraiment 24 heures mais sans compter mes nuits dans les bras de Morphée, le Dieu grecque des rêves, fils d’Hypnos et de Nyx , Dieu du sommeil et Déesse de la nuit.

Ce soir, je reviens tout juste d’un souper gastronomique en tête-a-tête avec moi-même dans le seul grand restaurant ayant pignon sur rue à Oban, le seul village de Stewart Island. Pas un mot n’a été prononcé durant tout le repas, sauf avec la serveuse. Par contre, mes pensées n’ont cessé de babiller dans ma tête tellement elles ont de choses à dire. Au menu, j’avais 2 filets de morue bleu enroulée dans une salade de carottes, laitue et épinards. Le tout dans une sauce blanche crémeuse servie avec un riz cuit à la vapeur. Ajouter à cela, 2 verres de merlot rosé. Hé oui! Encore du vin. Mais comment ne pas résister à un rosé avec les journées que je passe ici. Puis, comme désert, un gâteau au chocolat noir, chaud, dans un sirop exquis, avec une petite boule de crème fouettée accompagné d’un café expresso long black comme je les aime. Ce qui aurait coûté plus de 100.00 $ au Québec m’en a coûté moins de 50.00$ ici. Pourquoi me priver?

Avec tout ça, je n’avance pas dans le récit de mes journées depuis mon départ jeudi matin de Queenstown pour Milford Sound.

Comme je ne voulais pas manquer mon autobus prévu pour 8:30 jeudi le 21 février, ma nuit de sommeil a été ardue car à presque toutes les heures, je me réveillais pour vérifier l’heure. À 6:45, j’étais debout en train de vérifier tout ce que je devais apporter. Encore une fois, je m’en suis rendu compte une fois rendu la-bas, la peur de manquer de quelques choses m’a fait amener des choses inutiles. À 7:45, j’étais déjà au rendez-vous pour l’autocar qui nous amènerait à Milford Sound. Moi qui pensait qu’on se rendait à Te Anaud, à 170 kilomètres de Queenstown, pour prendre le bateau, j’ai compris juste avant le départ que le bateau partait de Milford Sound située à 280 kilomètres de Queenstown en passant par Te Anaud.

Dans la région des Southern Alps, la température peut changer du tout au tout juste en tournant autour d’une montagne. D’ensoleillé au départ de Queenstown, on est passé à du temps nuageux et maussade 10 kilomètres plus loin et ce, jusqu’à Te Anaud. Pour se rendre là, on suit une large vallée agricole entre les montagnes. Après Te Anaud, le décor se met à changer, la température aussi. Le soleil semble vouloir se pointer au travers des nuages et illuminer les montagnes autours qui se font de plus en plus hautes et rapprochées de la route. Plusieurs pics enneigés et glaciers accrochés au sommet de ces montagnes commencent à se montrer aux usagers de la route. Jusqu’à maintenant, plusieurs arrêts ont été faits sur la route : café, lunch, points de vue intéressants, repos obligés du chauffeur. Puis, on arrive au tunnel Homer en opération depuis 1954, 1.2 kilomètre de long, à une seule voie. Ici, pas de choix possible, des feux de circulation contrôlent le flot des véhicules qui peuvent s’aventurer dans le tunnel, une seule direction à la fois.

Le tunnel est très étroit et très sombre mais surtout, impressionnant à passer. Mais en sortir est encore plus impressionnant. D’abord, entre l’entrée et la sortie, sans qu’on le sache, le temps s’est mis complètement au soleil. En sortant du tunnel, la lumière nous éblouie. Dès que notre vue s’habitue à la lumière, c’est ce qu’il y a autour qui nous ébloui. On se retrouve dans un cirque de montagnes, des parois d’escalade à presque 90o qui s’élèvent au dessus de notre tête, qui nous entourent de partout. L’effet de grandeur nous donne l’impression que ces parois sont tellement rapprochées qu’on aurait qu’à allonger le bras pour les toucher.

Mais tout ça, ne s’arrête pas là. Pensant être au pied de ces falaises, en regardant la route devant nous, on s’aperçoit que nous allons descendre dans le fond de ce cirque. Quelques kilomètres de descentes plus loin, on atteint la ligne de végétation. Une forêt pluviale dense borde la route. D’abord les petites fougères qui touchent presque la route. Puis, derrière, les grandes fougères qui font de l’ombre aux petites. Un peu plus loin, les arbres qui dominent cette forêt. Parmi ces arbres, certains ont décidés de se faire plus imposant. D’énorme troncs s’élèvent de temps à autres beaucoup plus haut et bien droit au dessus des autres arbres. Ces troncs se subdivisent ensuite en 2 ou 3 autres troncs moins gros. Puis au bout de ces troncs, des branches tordues, plus grosses que nature, s’éloignent de ceux-ci en allant dans tous les sens. Ajouter à tout cela, une mousse entourant troncs et branches et un feuillage formant un grand parasol naturel au sommet de l’arbre. On est en présence de Sa Majesté l’Arbre qui trône ici depuis probablement des centaines d’années et qui demande qu’à le respecter de part son grand age.

Parti à 8:30 de Queenstown, nous sommes arrivés au quai d’embarquement de Milford Sound à 16:00. Plus de 7 heures de route pour effectuer 280 kilomètres en autocar. Je me dis que mes quelques 120 à 150 kilomètres en auto effectués dans une journée ne sont pas si mal. À 16:30, nous étions tous sur le bateau, un groupe d’environ 30 personnes. Nos chambres assignées. Un repas prévu pour 19:00. Le bateau est parti dès que tout le monde a été embarqué. En quelques minutes, on se retrouve dans une eau verte entourée de montagnes superbes au pic enneigé, formant à leur base des baies, des plages, des récifs que la mer frappe sans arrêt, sans se lasser. Le bateau n’étant pas très gros, les liens avec les gens se font rapidement. Entre autre, mon copain de chambre, David et ses 2 amis qui reviennent de Milford Trail, Katy, 65 ans, et son copain dont j’ai encore oublié le nom, 69 ans. Tous les 2 de Chicago, ensembles depuis 3 ans, chacun ayant perdu leur conjoint suite à un cancer. Le paysage des sounds, le soleil au rendez-vous, le roulis constants du bateau, les contacts avec les gens, un lien particulier avec Katy durant la croisière, tout ça a fait en sorte de rendre ce moment magnifique.

Le lendemain, vendredi le 22 février, le bateau accosté dans une baie tranquille toute la nuit, à 6:05 j’étais sur le pont pour voir le levé du soleil sur les montagnes et les glaciers qui nous entouraient. Pendant une heure, j’ai regardé ce spectacle de toute beauté, jusqu’à ce qu’on nous convie à prendre le déjeuner et que le bateau se mette en mouvement pour se rendre dans la mer de Tasman pendant qu’on déjeunait. Après le déjeuner, une incursion dans un bras d’un sound avec une entrée particulièrement étroite et ce fut le retour au quai de Milford Sound en longeant de près certaines côtes pour s’y rendre.

Le bateau était au quai à 10:00. Mon avion partait de Milford Sound à 11:00. Le temps de faire un petit sentier, prendre quelques photos, le départ est venu assez rapidement. Un avion minuscule. Au maximum, 5 passagers et le pilote. Nous étions 4 à faire le trajet du retour vers Queenstown dans cet avion dont Katy et son copain. Un décollage rapide nous amène en peu de temps au dessus des montagnes qui nous entouraient au sol. Mais en haut, c’est incroyable. Quand on regarde les montagnes de la route, on ne peut imaginer ce qu’il y a derrière tout ça. On est impressionné par leur hauteur et leur masse. Du haut des airs, c’est la quantité de montagnes qui nous impressionnent. Des montagnes à perte de vue, de la neige sur presque chacun des sommets, des glaciers, la langue affaissée sur le flan de plusieurs sommets. À travers tout ça, des lacs, ronds, ovales, petits, grands, verts, bleus. Un vol de 45 minutes à ne plus savoir où regarder.

En 2 jours, j’ai vu des paysages fantastiques sur le trajet vers Milford Sound. En bateau, j’ai circulé dans les eaux de Milford Sound puis, accosté dans l’une de ses baies, j’y ai dormi. J’ai fait de belles rencontres. Le vol de retour vers Queenstown m’a fait voir ce que je n’aurais jamais pu voir d’en bas. Wow! Absolument mémorable.

À suivre…

© Klode P. (www.klodep.ca)

Photos du jour
photo no 1Jeudi et vendredi, les 21 et 22 février 2013
Excursion en bateau dans Milford Sound
photo no 1Vendredi, le 22 février 2013
Milford Sound – Retour en avion

2 réflexions sur « Milford Sound – Absolument mémorable »

  1. Salut Pa,

    J’ai bien hâte de voir tes photos en plongé ! C’est un beau compromis que tu as fait là. La montagne c’est d’une grande beauté, mais c’est aussi un terrain hostile. On le c’est bien tous les deux pour s’être fait faire la passe, chacun à notre tour, par une grosse roche lorsque nous étions sur le GR20.

    Quelques nouvelles de ma part.
    Je ne suis plus messager. J’ai fait deux semaines et c’est très décevant. C’est littéralement du cheaplabor. On est payé à la commission et avant d’avoir ma première paye, ce jeudi, je ne pensais pas que c’était si peu payant : nettement en dessous du salaire minimum lorsqu’on convertit à un taux horaire. Le seul côté positif est que ça m’a remis en forme. En fait, depuis mardi passé j’ai un nouvel emploie. Je suis recruteur de donateurs pour la Croix-rouge canadienne. Un emploie qui a pas mal plus de sens à mes yeux que de trimbaler dans bouette des enveloppes pour 2$ pour des grandes firmes d’avocats, ministères et riches compagnies au risque de se faire renverser par un taxi ! Beaucoup plus valorisant et utile donc. Et beaucoup plus de contacts humains. Par contre c’est difficile. Il faut gérer les refus. En moyenne on peut dire mille bonjour par jour, arrêter 80 personnes et uniquement en recruter quatre. Mais les gens qui s’arrêtent pour discuter sont sympathiques. Ça donne de l’énergie. À ma première journée, je n’ai pas réussi à recruter, mais à ma deuxième j’en ai recruté deux. J’étais en congé depuis trois jours. Je recommence demain. La mission dure six semaines.

    Bonne continuité en NZ !
    Maintenant que je suis moins fatigué par ma job, je devrais être plus assidu sur ton blug ! ; )
    Ciao,

    Guillaume

    • Allo! Guillaume
      Dans une journée, on croise beaucoup de monde. Souvent, une seule rencontre avec l’une de ces personnes suffit à faire notre journée.
      Si on a la chance de croiser une ou plusieurs de ces personnes, qui vont faire notre journée, on peut dire alors que notre journée n’a pas été vaine.

      C’est un peu ce que je vis présentement ici.
      Bye
      XXX

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