Complètement perdu en Nouvelle-Zélande

Date de mise à jour : 24 mars 2013

Vendredi, le 01 mars 17:00

Depuis mon départ de l’île Stewart, mardi le 26, je suis sur la route à essayer de remonter vers le Nord rapidement comme s’il y avait urgence. De plus, une impression de voyage qui tire à sa fin me suit depuis que je me dirige en direction de Auckland. On dirait que le temps va me manquer d’ici au 16 mars pour tout faire ce qu’il me reste à faire. C’est effectivement ce qu’il va m’arriver. Alors, pourquoi me presser et ne pas profiter d’une meilleure façon du temps qu’il me reste à passer ici.

C’est ce que j’ai décidé de faire aujourd’hui après avoir ressenti un coup de fatigue. Surtout après la journée d’hier qui a été un peu en dents de scies.

Je suis présentement à Rolleston, un camping à 25 kilomètres avant Christchurch. Il fait chaud, l’eau de la piscine est rafraîchissante, c’est tranquille comme endroit et ce n’est pas trop achalandé. En restant ici 2 ou 3 jours, je vais pouvoir me reposer et prendre une journée pour aller visiter Christchurch.

Depuis mardi, j’ai parcouru plus de 600 kilomètres. En partant de Bluff, après mon retour de l’île Stewart et après avoir récupéré ma voiture, je suis passé par la route scénique des Catlins sur laquelle il y a quelques arrêts touristiques à faire dont, Waipapa Point Lighthouse , un phare datant de 1884 et un lieu de bronzage pour lions de mer, Slope Point le point le plus à l’est de l’île du Sud, où je me retrouve à 4 803 km du pôle Sud, à 5 140 kilomètres de l’équateur et à 15 083 kilomètres du pôle Nord, et finalement, une forêt pétrifiée du Jurassique datant de 160 millions d’années où j’ai eu la chance de voir un des plus rares pingouin au monde, hohio, qu’on ne retrouve qu’en Nouvelle-Zélande. Cette journée là, je me suis rendu jusqu’à Milton où j’y ai rencontré Antoine, le propriétaire du backpacker et fan du Dalaï Lama, Stéphanie une belge qui est en voyage depuis 4 mois et qui lui en reste encore 4 autres à faire et Christian, un allemand, ingénieur naval, en sabbatique pour 9 mois.

Mercredi le 27, au départ de Milton, je me suis rendu à Dunedin, pas très loin, sans trop savoir si j’y resterais. Arrivé sur l’heure du midi, je me suis stationné tout près de l’Octagon, le cœur de Dunedin. En entrant dans le resto-bar pour prendre le lunch, ma vision s’est mise à faire défaut. J’ai enlevé mes lunettes me demandant ce qu’il se passait. J’avais perdu un verre. En passant, j’ai retrouver mes clips fumés bien rangés dans une pochette de mon sac à dos. Par chance, une serveuse derrière moi me demandait si le verre de lunette qu’elle avait dans les mains était à moi. Elle l’avait entendu tomber quand je suis entré dans le bar. Il me manquait cependant la microscopique vis pour arranger le tout. La serveuse m’a indiqué un endroit tout près où je pouvais faire réparer mes lunettes. J’ai trouvé facilement l’endroit et le service n’a rien coûté.

Est-ce le destin ou le hasard qui joue ici, mais en sortant de chez l’optométriste, j’ai vu un backpacker juste sur le coin de la rue. À Milton, Antoine m’avait dit que c’était très difficile présentement de trouver de la disponibilité dans un backpacker à Dunedin. Je me suis dit : S’il y a de la place, c’est parce que je dois rester sinon, je continue mon chemin plus loin. Il y avait un lit de disponible, je suis resté. Je n’ai pas regretté car à Dunedin on retrouve, dans un espace très restreint de l’Octagon, plusieurs édifices datant de la fin du 19ième siècle dont le gare ferroviaire inaugurée en 1906 et qui valu à son architecte le titre de George pain d’épice. Dunedin, fut donc pour moi une très belle visite architecturale.

Hier matin le 28 février, j’hésitais entre le vélo et la voiture pour faire la péninsule de l’Otago tout à côté de Dunedin, environ 65 kilomètres aller-retour, avec au bout de la péninsule, un site d’observation de l’albatros. J’ai opté pour la voiture, sinon j’aurais dû passer une autre nuit à Dunedin. Ma décision fut la meilleure car, la route était très étroite et rendu au bout de la péninsule, il y avait une brume épaisse et en plus, pour voir la faune animal, il fallait payer 75 $NZ. 65 kilomètres plus tard, j’étais revenu à Dunedin pour prendre la direction de Christchurch, 361 kilomètres plus loin, que j’étais certain de ne pas être en mesure d’atteindre.

En route, je me suis arrêté aux Boulders, un site où on retrouve des roches sphériques sur le bord de la mer. Puis je me suis aussi arrêté à une station service pour y prendre de l’essence. À plusieurs endroits en Nouvelle-Zélande, les pompes à essence sont complètement automatisées. Tout ce qu’on a besoin, c’est une carte de crédit sinon, on se passe d’essence. On insère et retire la carte, on compose sur le clavier son NIP, on indique le no de la pompe, celle-ci se met en marche, on fait le plein, on insère et retire la carte pour obtenir son reçu et on peut repartir. Mais voilà, avant de repartir, faut pas oublier de remettre le bouchon du réservoir à essence que je mettais sur le toit de la voiture pour ne pas l’oublier sur la pompe comme à Auckland. Hé oui! Exactement comme j’ai oublié de faire. #$%?*

J’avais trop faim et il y avait un petit resto juste à 200 mètres de la station service. Je suis parti sans penser à remettre mon bouchon. Je me suis stationné et en regardant dans mon miroir, j’ai vu la porte du réservoir à essence ouverte. #$%?* Je suis débarqué, pour vérifier, je ne sais pourquoi, c’était évident que je n’y verrais pas le bouchon et il n’était pas sur le toit de la voiture. #$%?* En même temps, une voiture s’arrêtait derrière moi, une dame s’arrêtait pour me dire qu’elle avait vu mon bouchon tomber du toit de ma voiture. Plud d’une demi-heure à chercher sur 200 mètres un bouchon qui a pris le bord. #$%?* Je l’ai retrouvé. Devrais-je le mettre dans ma valise jusqu’à Auckland?

Après le lunch, j’ai poursuivi ma route vers Christchurch. Une fille chargée comme une mule faisait du pouce en marchand sur le bord de la route. Quand j’ai décidé d’arrêter pour la prendre, j’avais plus de 500 mètres de fait. Je suis entré dans une petite rue et j’ai vidé le siège avant pour lui faire de la place. Elle ne m’avait pas vu. J’ai attendu qu’elle se rendre jusqu’à moi en me disant que si quelqu’un d’autre arrête, je n’aurai qu’à repartir. Rendu à quelques mètres de moi, je lui ai fait signe. Elle était très contente.

J’ai fait plus d’une heure de route avec Kathy, une Taïwanaise. Première fois qu’elle voyage seule. Elle vient de terminer ses études en gestion financière et a pris quelques mois pour voyager avant de partir sa propre entreprise à son retour. Amatrice d’escalade, son sac à dos contient du matériel pour faire de l’escalade. On a pas arrêté de jaser tout les deux durant le trajet. Elle a pris l’adresse de mon blogue et elle pense connaître quelqu’un à Taïwan qui pourrait me servir de guide pour visiter l’île si jamais je décidais de m’y rendre. C’est à suivre.

Elle voulait se rendre à Christchurch. Je l’ai laissé un peu après Temuka, Christchurch étant trop loin pour moi. Puis, je me suis mis à la recherche d’un backpacker à Temuka. Il n’y en avait pas. Geraldine était l’endroit le plus près où j’étais certain d’en trouver un. Arrivé là, c’était complet. La propriétaire a fait des appels pour moi et le backpacker le plus près, avec de la disponibilité, se trouvait à Methven, 71 kilomètres plus loin. J’arriverais là un peu à la noirceur. J’avais l’adresse exacte. J’ai pensé à Juliette GPS Digitial pour m’y conduire.

Pour un bon bout de temps, avec les routes que Juliette me faisait prendre, je me suis mis à douter d’elle. Des kilomètres et des kilomètres de chemins de campagne rectilignes et étroits, sans aucune signalisation, ni civilisation à la ronde. Complètement perdu en Nouvelle-Zélande. La direction vers Methven est devenu apparente seulement 3 à 4 kilomètres avant d’entrer dans la petite ville. Je suis arrivé au backpacker il était passé 21:00. On m’attendait. J’étais le seul client du backpacker. Après m’être installé, je suis sorti pour aller prendre une bonne bière quelque part. J’avais le choix entre le Brown Bar sur un coin de rue et le Blue Bar sur l’autre coin de rue. J’ai choisi le Blue Bar qui était plus achalandé.

Ce matin, en me levant, il faisait très beau à l’extérieur. En regardant le chemin à faire pour me rendre à Christchurch, j’ai constaté que je n’étais qu’à seulement 96 kilomètres de là mais ça m’a tout de même découragé. Après plus de 60 kilomètres, un camping s’est présenté et j’ai décidé d’arrêter pour prendre un moment de repos.

Cette après-midi, j’ai relaxé, je me suis baigné dans la piscine du camping, fait mon lavage qui a séché dehors dans le temps de le dire et demain, je fais un aller-retour à Christchurch.

© Klode P. (www.klodep.ca)

Photos du jour
photo no 1Mercredi, le 27 février 2013
Les bâtiments historiques de l’Octagon à Dunedin
photo no 1Jeudi, le 28 février 2013
Sur la route entre Dunedin et Rolleston

16 réflexions sur « Complètement perdu en Nouvelle-Zélande »

  1. Allo papa!!

    Hum ça fait quelques jours qu’on a pas eu de tes nouvelles? Tu es rendu où dans ton périple? Pour ma part, je travaille quand même pas mal… j’ai même perdu la voix à force de trop parler et à cause de ma grippe qui ne part pas… alors je fais voeux de silence pour les prochains jours! Je vais surement descendre dimanche prochain à Qc pour la semaine de relàche et aller chez Geneviève! J’ai bien hâte de les voir! On va se manquer de peu :(. On se reprend en avril! Redonne de tes nouvelles!

    xxx

    • Allô,
      Un peu de misère avec mon accès Internet et ça va être comme ça jusqu’à mon retour car j’ai annulé hier mon contrat avec Telecom pour être certain de partir de la Nouvelle-Zélande avec un compte bien fermé. Ce soir au camping de Kawhia, pour 2$ j’ai du Wi-Fi qui fou le camp au 5 minutes.
      Je devrais mettre quelque chose de nouveau à lire ce soir.
      Bye
      XXX

  2. Je suis impressionnée par l’assurance et le courage du grand voyageur. C’est très intéressant de suivre ton parcours et les photos nous montrent la beauté des lieux qui fait que sur place on doit fusionner avec la nature. Quelques petites anecdotes,en particulier celle du bouchon à gaz m’ont fait bien rire. Bonne poursuite de ce beau voyage et aux prochaines nouvelles.

  3. Je veux encore des histoires, quand je me lève le matin avec mon café…. je me réveille en douceur. Tes histoires sont tellement bien écrites que j’en redemande encore.

    Amitiés,

    Sylvie Tessier

    P.S. Je suis comme les enfants j’adore les histoires.

    • Allô Sylvie,
      Comme à chacun lors d’un premier commentaire, bienvenue sur mon blogue.
      Depuis ces derniers temps, mes histoires sont assez ordinaires.
      J’imagine que ça va avec la température qui n’est pas trop de mon bord de ces temps-ci et aussi le voyage qui tire à sa fin.

      Bye.

  4. Salut voyageur,
    Tu as l’allure d’un vrai bourlingueur avec ton teint bronze.
    Amuse-toi bien parce qu’ici le soleil se FAIT Desire presque chaque jour.
    Helene te Donne un gros bec sucrer.

  5. Allo papa!

    David et moi ont se demandait si tu avais essayé ta Go pro finalement? David l’a essayé durant son voyage de ski et il a bien aimé! Par contre, il dit que ça doit être difficile à utiliser sans cellulaire compatible…

    Pase une belle journée!
    xxx

    • Allô!
      Oui je l’utilise à l’occasion. Quelles petits films que je n’ai pas encore vus. Pas le temps. Je vais les regarder au retour et faire un montage avec ça.
      Mais, j’ai vu ici en Nouvelle-Zélande, un écran d’affichage (Ça me tanne, un japonais à côté de moi en train de manger et de constamment renifler en mangeant comme un gros porc -Écoeurant) que l’on peut mettre directement au dos de la caméra (149$NZ – 135$CA) pour voir ce que l’on filme. Mais, nouveau boîtier à acheter. (il vient de partir)
      GoPro = Machine à sous = Iphone 5. Mais bien content de l’avoir.
      Bye.
      XXX

      • Oui, Go pro = gros investissment, surtout que moi je me suis acheté le batterie-extended pack et une carte mémoire de 64 gig. Sans le batterie pack, je peux filmer environ 1h max alors que 3h pour the extended batterie-pack. Mais en contrepartie, je te dirais que durant tout le voyage de Ski a Big Sky, j,ai filmé environ 50 gig, avec un qualité d’image exceptionnelle selon moi. Très content du résultat mais un gros travail de montage en vue. Iphone très utile pcq j’ajustait mon image avant de descendre a chaque fois. Toutefois, pas besoin d’un iphone 5 ou d’un Galaxy. Tout téléphone android a prix modique (genre pas galaxy) peut supporter et faire fonctionner l’application Go PRO. Pour le prix d’un LCD retroprojecteur, j’opterais plus pour un cellulaire a prix que tu trouves raisonnable. Au plaisir de se revoir a notre retour

        David

        • Salut David,
          Un petit peu l’impression de t’avoir piqué au vif avec mon «GoPro = Machine à sous = Iphone 5».
          Tout ce que je voulais dire c’est qu’aujourd’hui, après la période «date d’obsolescence des appareils» qui se continue, on est maintenant depuis quelques années, dans une nouvelle période commerciale «accessoires indispensables que vous devez absolument avoir».
          On crée un produit central intéressant (caméra, téléphone, télévision, tablette, GPS…) puis on s’assure qu’autour de ce produit, on va créer un tas d’accessoires coûteux pour rendre ce produit central plus intéressant encore et amasser ainsi beaucoup de sous pour enrichir les propriétaires et actionnaires des grosses compagnies qui mettent en vente ces produits. Après 3 ans, on s’assure de ré-inventer le même appareil et accessoires mais incompatibles avec la version précédente.

          C’est une opinion qui en vaut une autre.
          À nous consommateurs de bien faire la part des choses.

          Ceci dit, pour terminer, j’ai bien hâte de voir les résultats des films fait avec ma GoPro que j’apprécie beaucoup d’avoir pour ce voyage et ceux futurs.
          Bye.

      • Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter mon grain de sel 😉

        Jacques Languirand, a consacré son émission du 9 février au livre de Serge Latouche : « Bon pour la casse ». Une quarantaine de minutes fort intéressantes et… enrageantes, sur l’obsolescence programmée. Ça ne date pas d’hier (fin des années 20) mais cela empire… Écoute ou téléchargement à http://www.radio-canada.ca/mesAbonnements/baladodiffusion/index_emission.asp?path=radio/par4

        Quant à la GoPro, comme la majorité des fabricants, on peut aussi ajouter les formats de fichiers propriétaires qui vous gardent captif du fabricant (à la sauce iJack_Your_Wallet ou tout ce qui commence par i).

  6. Bonjour Claude,
    Nous sommes tout à fait d’accord avec le fait de prendre le temps et d’apprécier la dernière quinzaine de ton voyage plutôt que de survoler pour compléter ta destination. C’est notre optique du voyage également, rester ouvert et laisser place au hasard. Comme un journal, nous avons pris l’habitude de te lire régulièrement. Tout y passe, les émotions, la géographie, l’humour. Nous te souhaitons une superbe dernière étape, c’est tout un ressourcement.
    P.S. Tout est OK pour ta maison, pas trop ensevelie sous la neige.
    Amitié, Marlène et Jacques.

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